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Théâtre L’intime désastre

mai 2003 | Le Matricule des Anges n°44 | par Laurence Cazaux

Embrasser les ombres (suivi de) Bobby Fischer vit à Pasadena (suivi de ) Acte

Lars Norén est né en 1944 à Stockholm. Cet auteur suédois est souvent comparé à Strindberg. Embrasser les ombres serait le titre d’une pièce brûlée par Eugene O’Neill le jour de ses soixante ans. Atteint de la maladie de Parkinson, impuissant, ne pouvant plus créer, l’écrivain est entouré ce jour-là de sa troisième femme, de ses deux fils, l’un drogué, l’autre alcoolique, d’un serviteur japonais et d’un singe empaillé. Cet anniversaire n’est qu’une immense dévastation hystérique et paroxystique, où les personnages balancent sans aucun répit entre haine, douleur et amour fusionnel.
Bobby Fischer vit à Pasadena met en jeu une seconde famille. Plus banale mais presqu’autant dévastatrice. La mère, ancienne comédienne, domine la sphère familiale. La fille, Ellen, a perdu son enfant. Le lendemain, jour de l’anniversaire de la mort de l’enfant, elle a décidé de se suicider. Le frère sort juste d’une période d’autisme. Le père, préoccupé par le fait de perdre son boulot, n’a plus aucune
relation sexuelle avec sa femme depuis des années. Après une sortie au théâtre, les parents proposent aux enfants de poursuivre la soirée autour d’un verre. La conversation essaie d’être bienveillante mais dérape régulièrement et de plus en plus violemment.
Acte met en jeu une femme emprisonnée, peut-être pour terrorisme. Elle fait la grève de la faim et doit subir une visite médicale. Mais au cours de l’entrevue, le médecin se révèle plus perturbé que la prisonnière.
Trois univers très tendus, violents, excessivement psychologiques où chaque personnalité se dévoile quasi inconsciemment. C’est brillant et étouffant. Une écriture au couteau qui ausculte les zones frontières avec la folie. Un théâtre existentiel, à l’image de cette réplique d’Eugene O’Neill : « Je n’ai jamais voulu vivre. Je ne voulais pas mourir, je voulais seulement échapper à la vie. »

Embrasser les ombres/
Bobby Fischer vit
à Pasadena/Acte

Lars Norén
Traduit du suédois par L.-C. Sirjacq, P. Nygren,
A. Berg, S. Vandersmissen et J.-M. Piemme
L’Arche
240 pages, 22

L’intime désastre Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°44 , mai 2003.
LMDA PDF n°44
4.00 €