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Vu à la télévision TV, 20 h 30

mars 2004 | Le Matricule des Anges n°51 | par Christian Prigent

TV, 20 h 30. Avant c’est l’info. Rien précis à dire : t’as pas allumé car par la radio tu sus tout avant en vaquant tambouille. Donc pas de Msieur Tronc en tournicoti sur du tabouret et s’il a des pattes, le tronc, va savoir, ou des pilotis ? Et tu n’as pas su par du reportage long large et travers sur les choses en vogue si P.S.G va, quelle Miss fut élue en culotte mince et si ça descend, les bombes, boum partout : c’est comme d’habitude mais on veille au grain en sphères adéquates, tout va quasi bien. Peut-être t’as raté Lucile Rabillé venue confirmer que l’idée était sous cape ou dans l’air de vêtir potache en blouse unigrise et sa meuf pareille par effet rétro de laïcité et, dans la foulée, Gisèle Z., du S.N.E.S, en protestation dans du grésillé par liaison mauvaise d’où que fut coupée. Puis, sans transition, t’as zappé Juppé mais on te l’a dit : il a renoncé à renoncer de renoncer aux tentations. Toutes façons tu sais que ça tout en vrac de berzingue à donf, du coq au baudet via chèvre et son chou, ça défile zig zag dans la statistique, sondage grimpe en flèche ou débande en flaque, et l’expert en tout en connaît un bout, c’est fou. Et si ça causa, suite à des enquêtes sur terrains d’actions, en beur, belge ou plouc, en caillera neuf cube ou patois des champs, alcoolique gras double ou vioque édenté (d’où lexique bouffé et syntaxe relax), t’inquiètes, c’est traduit : tout parler pas permanenté en façon français médiatique primaire c’est du créole sale, on te le décode, t’aurais tout compris avec les sous-titres. Mais en poids de scoop t’aurais pas raté bezef de juteux. Dis toi que tout fait, qui vrai qui têtu, pour les happy few ou France profonde, il finit pareil : au bout c’est la pub, le monde va partout comme on vend les choses.
Donc sortie de là où fut du présent, on n’y comprend rien. C’est même ce cadeau que Présent nous fait : le sens de la vie c’est qu’elle n’en a pas. Mais Télé nous cadre tout ça sur image en bien expliqué comme on dit la vie aux bons enfants sages. Et si on allait côté pas-maintenant, c’est-à-dire sous peu ou même à des lunes ? Peut-être on verrait le monde en plus net ? Sauf que ces temps-ci, lendemains chantent faux, indice confiance = zéro et pas grosse lumière au bout du sentier. On ne prendra pas le Palais d’Hiver et c’est même pas sûr qu’on ira au ski pour cause de budget. Quant à l’horoscope, rien qui ravigote, même Françoise Hardy l’a dit, et Madame Soleil elle se planque à l’ombre. Voyons voir quand même à peine pas bien loin, soit à vue de nez, s’il n’y aurait pas du roboratif et qu’on se remonte les bretelles du flip. À vue de ce nez, toc : c’est météo.
Ouahou, classe mortelle, le décor bonbon ! Bonsoir Madame Chic, qui allez nous dire si on va pouvoir sortir sans sa laine. C’est pas limite stretch, le sanglé moulé sur vos entournures ? Ça ira quand même pour la gesticule d’Égypte profilée qui vous tord genou et le coin du coude devant du carton pour nous en fronton, pour vous en traviole ? On prépare bravo pour la dentition vouée au sourire, nonobstant ratés en chorégraphie. Mais zut ce soir c’est pas la Une donc c’est pas la dame. Salut, le bonhomme. Oh là, jovial jovial ! Car y a du boulot pour mettre l’ambiance devant la cloison vert géographique avec les vignettes en vadrouille dessus parmi du jaunasse (c’est-à-dire du plat), du pâté marron (c’est-à-dire massif) avec des rayures marine (c’est de l’eau). Active, le loustic ! : faut assaisonner la péripétie dans l’intrigue qui traîne à allure nimbus entre Golfe du Lion et Pas-de-Calais et chez nous au centre soleil fait grand moche dès potron-minet et jusqu’à pas d’heure.
Tiens, souvenir, vite : naguère, pas si loin, FR 3 Bretagne, on avait duo Ciré & Lagoutte (orthographe pas sûre mais fait avéré) pour nous avertir des intempéries. Suivait du climat et de l’ironie car l’anticyclone boudait en Thulé, d’où la pleusaille et le frisquet. Puis on bénissait l’ardoise du toit avec de la glose sur effets de motivation question signifiants. Ce fut, ça n’est plus. Le gros, là, il vient vers toi pour te dire dans le creux d’oreille que ça va aller pire encore que pire dans les jours pas loin et s’il continue il va se cogner du fond de la boîte la gueule sur l’écran car il l’a pas vu et ça va saigner, tant pis pour nœud pap. Zappe un peu pour voir. Sur Arte c’est bien : on a toute l’Europe en tons agricoles avec les soutaches de mer indigo et c’est en stéréo : il neige sur Berlin, Cadix crame, normal. Pas d’effet Larsen en géographie. Et petits moutons pour nous endormir passent en foule les Alpes avec du pipi qui leur goutte dessous ça veut dire « il pleut ou c’est pour sous peu ».
Mais pas de msieudame pour nous redire ça avec la gestuelle, ni en pied ni buste. Une voix off, seulement. Elle plane au-dessus des plaines, chaînes, collines et fleuves comme l’esprit de Dieu au-dessus des eaux. Mais Dieu n’est pas là, c’est comme pour Pascal. On entend sa voix telle que l’ouit Moïse sur le Sinaï aux temps d’Hollywood par effet spécial et il a une voix d’hôtesse post trauma lobotomisé ou d’ordinateur de timbre agonique comme Hal chez Kubrick. Ça dit du Destin, de loin, avec un soupçon de tant-pis-pour-vous et qu’on se démerde avec les ondées et les dépressions. Météo égale ici mé-théo. Car Théo s’en bat burettes, de nos vies. D’où re-coup de mou. Dieu c’est comme l’arcane du Marché mondial, développement durable et vie mesurée au poids de la thune et le Sens des choses qui se fait la malle et les perspectives de Révolution pas pour dans quinze jours et qu’on courbe tête sous les managers en clapier suivi longitudinal car tout est écrit. Donc décor noircit et l’anti-cyclone file incognito vers où, qui le sait, je vous le demande. Hop, fondu, musique et c’est re pareil bis itou la pub : ici en présent en petite lucarne il fait toujours beau, vents poussent que gondoles, il pleut de la manne de chose à bouffer, nature pète la forme, on achète, on vend, soleil omniprésent.

TV, 20 h 30 Par Christian Prigent
Le Matricule des Anges n°51 , mars 2004.