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Théâtre Le Gênes de la tragédie

mai 2005 | Le Matricule des Anges n°63 | par Laurence Cazaux

Marqué par la répression sanglante lors du sommet du G8, l’auteur italien Fausto Paravidino livre deux pièces d’une même conscience révoltée.

Peanuts (suivi de) Gênes 01

Fausto Paravidino est né à Gênes le 15 juin 1976. Comédien pour le théâtre mais aussi pour le cinéma, scénariste, traducteur de Shakespeare et de Pinter, il écrit des pièces où il cherche à chaque fois à expérimenter une nouvelle forme dramatique. Peanuts et Gênes 01 traitent toutes les deux d’un même événement, la répression policière qui a frappé les manifestants altermondialistes lors du sommet du G8 qui s’est déroulé à Gênes en juillet 2001. Ces affrontements avaient causé la mort d’un jeune manifestant de 23 ans, Carlo Giuliani.
Deux pièces pour parler d’un même sujet grave, mais traité de deux façons totalement différentes. Peanuts est une fiction qui ne fait pas expressément référence à Gênes mais traite plutôt de tout l’environnement culturel qui peut aboutir à de tels événements. La pièce est écrite sur le principe des planches de la bande dessinée Peanuts. Les séquences sont courtes. Buddy a la charge de garder un appartement luxueux pendant l’absence de la famille pour laquelle il travaille comme serveur. L’appartement est représenté par une immense télévision et un grand canapé. Une bande de copains va s’incruster sans que Buddy parvienne à les mettre dehors. L’appartement va subir de nombreuses dégradations. Les scènes sont toutes titrées de façon ironique par des thématiques politiques. Ainsi la séquence « Globalisation et mondialisation » traite du difficile problème de savoir combien se cotiser pour acheter du Coca cola et comment, sous la pression du groupe, ceux qui veulent consommer une autre boisson vont devoir payer plus cher. Une ironie pour mettre en lumière l’absence de conscience politique d’une partie de notre société, préoccupée majoritairement de consommation. Scène 11, le jeune fils de famille revient et met tout le monde dehors. Puis la pièce bascule. Entre la scène 11 et 12, dix ans se sont écoulés. Toute l’action se déroule dans un commissariat, il n’y a aucune mémoire du passé, il y a seulement les policiers et les accusés. On va assister à une bavure du policier Buddy. La pièce se termine sur une deuxième version de la scène de transition, avec cette question : comment cela pourrait-il se passer autrement ?
Gênes 01 est un récit-témoignage, porté par tout un groupe d’hommes et de femmes d’âge, de culture et de couleur différents. Le texte est présenté comme une chronique personnelle. Fausto Paravidino fait de Gênes un lieu de la tragédie au niveau de Thèbes. « Mais la tragédie est dans le présent, elle ne peut être célébrée comme métaphore et cela implique qu’elle doit être de bout en bout réécrite jour après jour ». En note introductive l’auteur écrit : « Ayant accepté avec la modestie nécessaire l’idée que la version définitive de cette tragédie sera peut-être écrite par les enfants de nos enfants, nous avons choisi de présenter ici non une version présumée définitive, mais une sélection de matériaux sur lesquels nous sommes actuellement en train de travailler, espérant que ces mêmes matériaux pourront être un jour utiles à ces petits-enfants dans lesquels nous remettons nos plus vifs espoirs et auxquels nous demandons pour l’heure pardon. » Ce théâtre enquête dit un certain nombre de faits terribles à entendre et dénonce un état de guerre. Il montre la préparation de Gênes comme une ville en état de siège, la manipulation concernant la mort du jeune homme qu’on a voulu attribuer à un autre manifestant, l’attaque du quartier général du Forum social, avec les violences policières, certaines fascistes au cri de « Vive Mussolini », le fait même d’inventer un nouveau délit pour poursuivre les manifestants, celui de « participation psychologique ». La liste est longue. Le théâtre de Fausto Paravidino est engagé, militant, c’est comme un cri. Une prise de conscience aiguë, qu’il cherche à faire partager le plus largement possible. Son théâtre, c’est évident, a été bousculé par les événements de Gênes. « Quand tout ceci a-t-il commencé ? C’est difficile à dire. Le moment où nous avons commencé à nous en apercevoir et à nous préoccuper sérieusement s’appelle Gênes. Nous partons de là. » À suivre très attentivement.

L. C.

Peanuts/Gênes 01
Fausto Paravidino
Traduit de l’italien par Philippe Di Meo
L’Arche, 120 pages, 11

Le Gênes de la tragédie Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°63 , mai 2005.
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