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Jeunesse Sur le fil du rasoir

septembre 2007 | Le Matricule des Anges n°86 | par Malika Person

Destins croisés de deux membres d’une famille montreuilloise autour de la figure tragique d’une aveugle. Un roman percutant de Mouloud Akkouche.

Mouloud Akkouche a choisi de camper son roman noir dans sa ville natale, située dans l’est parisien. Un hommage en demi-teinte à Montreuil qui l’a vu naître, dont il met en lumière les paradoxes sociaux actuels, focalisant son récit sur une bobo et de jeunes Montreuillois des cités. Au travers de l’histoire de la famille Megdouni (Mourad-Rocheteau, Abdel-l’Intello alias Pascal, Kévin et leur mère), c’est aussi un pan de l’histoire de Montreuil que révèle ce récit qui ne cesse d’alterner entre souvenirs et temps présent.
Rocheteau est détenteur de la mémoire d’un passé révolu (début des années 70), où les valeurs familiales et sociales traditionnelles permettaient de créer des liens et de transcender les difficultés. Ce passé paradoxalement heureux contraste avec le présent vide de sens d’une jeunesse désœuvrée et crainte pour sa violence, illustrée par la vie que mènent ses deux frères dans la cité de l’Entraide.
Rocheteau, fraîchement sorti de prison, a été condamné pour l’agression d’une quinquagénaire devenue aveugle. Il revient à Montreuil après plusieurs années d’absence. Alors qu’il promène son regard sur le quartier de son enfance en se remémorant des souvenirs parfois très douloureux (la mort subite de son père, sa brouille avec sa mère qui le renie), il se prépare à une action d’envergure dont le lecteur apprendra la teneur à la fin du récit.
Parallèlement à cette histoire, se déroule celle d’Abdel-l’Intello, le jeune frère étudiant en droit, à la fois admiré et moqué par les jeunes du quartier. Il est relativement « protégé » par la confiance de sa mère (devenue à moitié folle) et par l’argent que Kévin, son jeune frère, dealer de son état et consommateur régulier de dope, amène à la maison pour payer les factures et nourrir la famille. Être acteur de sa propre vie, Abdel-l’Intello compte bien y arriver pour s’en sortir. Lorsqu’il rencontre Violaine, il ignore tout de son histoire passée. Contre toute attente, il se présente à cette femme aveugle sous un faux prénom, Pascal.
Violaine l’invite dans son loft, une ancienne usine où le père d’Abdel a travaillé. Elle évoque son agression et lui révèle son profond mépris pour les jeunes de la cité de l’Entraide. Abdel ne fait pas le rapprochement avec l’histoire de son grand frère. Bientôt, une amitié amoureuse naît entre Violaine et le jeune homme, sans qu’il ne soit jamais question de sentiments entre eux.
Insidieusement, le comportement d’Abdel change. Il s’enlise dans ses mensonges, offre à Violaine un collier volé à sa mère, un cadeau du père. Les rencontres deviennent tendues, le malaise d’Abdel est palpable. Au cours d’une fête organisée au loft, il remarque la présence des dealers du quartier de l’Entraide, fournisseurs attitrés de Violaine. Abdel se laisse tenter par les paradis artificiels mais la soirée tourne court au moment où, pris de remords, il veut récupérer le collier.
Mouloud Akkouche montre la déliquescence des liens qui engendre des comportements hystériques, proches de l’animalité, parfaitement illustrés par la scène de la confrontation entre le grand frère et un rottweiler écumant de rage…
Balle perdue est un roman sur la perte (perte de la vue, mort, vol du collier, perte de la raison, perte des illusions…) qui rend difficile voire impossible l’appréhension de la réalité. Mouloud Akkouche a rapproché des vies éclatées pour mieux mettre en lumière le fil du rasoir sur lequel évolue chacun des personnages, menaçant de basculer d’un moment à l’autre (par la mort, par un acte désespéré, par le mensonge). Un vertige souligné par un style d’écriture frontale, essaimé de termes argotiques, de verlan dans un récit rapide et très dialogué.

Balle perdue
Mouloud
Akkouche
Seuil, « Karactère(s) »
72 pages, 8,50

Sur le fil du rasoir Par Malika Person
Le Matricule des Anges n°86 , septembre 2007.
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