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Domaine français Mélancolie de l’anatomiste

septembre 2007 | Le Matricule des Anges n°86 | par Richard Blin

De l’incision

Voici un livre qui ravira tous ceux qui aiment l’éclat des hérésies et les mirages de la chair. Illustré par des reproductions de planches anatomiques de Jacques Gautier D’Agoty et par des plastinations de Gunther von Hagens, il traite de cette réalité profonde à laquelle donne accès la lame de l’anatomiste incisant la peau et l’écartant sur ce qui devrait demeurer soustrait au regard. En levant le tabou portant sur le visible, le geste transgressif du dissecteur nous place devant un corps outrageusement ouvert et nous laisse, tremblants, devant ces écorchés en habillé de nerfs, ces intérieurs déployés.
Véritable mise en spectacle de la machinerie du corps, la représentation de l’anatomie varie selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme. La femme a « la grâce du geste, le mouvement du corps vivant ». Gautier D’Agoty a voulu, dans ses planches gravées en couleurs, donner aux figures féminines « un air de vie pour ôter un aspect plus désagréable ». D’où l’impossibilité de poser sur elles un regard neutre. À vouloir conjurer l’effroi par l’esthétisation, c’est l’imaginaire érotique qu’on sollicite. Le regard, alors, se découvre « complice de l’outrage porté à la nature humaine, car le traitement réservé à la dissection des cadavres est ici infligé à des corps rendus vivants pour l’agrément ». C’est autant la curiosité de l’anatomiste que le plaisir pervers du spectateur, qui peuvent se lire comme des « métaphores de la domination » ou comme l’écho de la violence primitive faite au corps féminin.
Un enthousiasmant petit essai célébrant les noces d’Éros et de Thanatos. Tout est là et on ne voit rien : pas de « secret paradis perdu »… D’où la mélancolie de l’anatomiste que certains ont cru déceler dans la figuration du corps ouvert.

De l’incision de Boris Terk
Urdla, 80 pages, 10

Mélancolie de l’anatomiste Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°86 , septembre 2007.
LMDA papier n°86
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