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Domaine étranger Les vacances de Camilleri

septembre 2007 | Le Matricule des Anges n°86 | par Françoise Monfort

Andrea Camilleri est une star en Italie. Chaque épisode de son commissaire Montalbano se vend à des milliers d’exemplaires que dépèce son fan-club pour en extraire bons mots, expressions tirées du dialecte sicilien, plats préférés du héros dont les recettes seront ensuite publiées. Malgré son succès qui le surprend encore et qu’il attribue à une « conspiration » de ses lecteurs, l’octogénaire aux allures de professeur à la retraite ce qu’il fut aussi a toujours su garder sa verdeur. Pour preuves la vigueur
de son indignation face à Berlusconi, sa dénonciation de la mafia à travers ses livres. Ou ce dernier récit présenté en postface comme des « vacances narratives que je me suis offertes au seuil de mes quatre-vingts ans ». La Pension Eva, villa à trois étages aux volets verts fermés sur le môle de Porto Empedocle (Sicile), est un objet d’intrigue pour le jeune Nenè. D’autant plus lorsque son père lui confirme qu’on peut y louer des femmes. Les six pensionnaires qui l’habitent sont soumises à la « quinzaine », sorte de turnover bimensuel destiné à rendre la clientèle captive. Le temps venu d’abandonner ses culottes courtes, déniaisé entre temps par sa cousine Angela, il s’y rend chaque lundi, jour de relâche, pour partager leur table et s’imprégner de leurs histoires « comme l’eau du ciel sur une terre assoiffée », conscient qu’il n’en apprendra jamais plus qu’au « burdellu ». Entre deux attaques américaines précédant le débarquement, Nenè comprend ce que signifie devenir homme au contact de ces personnages felliniens. Une sous-maîtresse professeur de latin et de grec à ses heures perdues, des amoureux qui disparaissent dans une barque, un vieillard renouant avec sa virilité à chaque bombardement, quelques miracles, la nostalgie d’une jeunesse qui semble tout juste envolée en dépit de décennies traversées et Proust qu’il cite plusieurs fois… Camilleri devrait prendre des vacances plus souvent.

La Pension Eva d’Andrea Camilleri - Traduit de l’italien par Serge Quadruppani, Métailié, 144 pages, 16

Les vacances de Camilleri Par Françoise Monfort
Le Matricule des Anges n°86 , septembre 2007.
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