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Domaine français La meilleure part des hommes

octobre 2008 | Le Matricule des Anges n°97 | par Jérôme Goude

La Meilleure part des hommes

Elisabeth Levallois, journaliste à Libération, brosse le portrait d’hominidés stéréotypés made in France des années sida : William Miller, Dominique Rossi et Jean-Michel Leibowitz. « Fashion mais lucide », elle revient, une fois sa propre fiche dûment remplie, sur l’engagement communautaire et social de ceux qui furent respectivement ami gay, collègue gay et amant (pas gai pour un kopek). Qu’on se rassure, La Meilleure part des hommes se garde bien de confondre personnages et « personnes réelles » ; auraient-ils agi de façon similaire en d’identiques situations, est-il précisé… Lesquelles situations, fussent-elles intrigantes ou subversives, ne parviennent jamais à dissiper l’ennui qui surplombe ces corps de papier. Ni Leibowitz, ex-khâgneux fidèle au sens giratoire du contre-pied idéologique, ni Rossi ni Miller, homos dissidents en proie à la « grande passion pédé », n’habitent charnellement cette « période inédite » dont Tristan Garcia tire surtout un luxe de références. C’est qu’invoquer fuck of death, Robert Badinter, Genet, Moritz Kaposi ou AZT, ne suffit guère à valider l’authenticité d’une œuvre. Le champ restreint, par trop parisien, d’une lutte narcissique et procédurière entre un militant et un gratte-papier cynique, tous deux séropositifs, limite par ailleurs le crédit d’une fiction minée par un excès de vraisemblance.
La Meilleure part des hommes, sorte de document socio-historique confinant au carnet de notes préparatoires, semble donc oublier qu’en dépit de leur masque personnes et personnages baignent dans la chair de la langue. Fort d’une narratrice-collectrice de venteux dialogues, ce premier roman est tout entier construit sur la base d’une oralité à la fois factice et élémentaire : « J’ai de l’éducation. Le père dans l’édition, la mère, eh bien, un peu aventurière, vaguement hippie, chanteuse à ses heures, partie. Une belle-mère à la place, bien, bien. (…) Eh bien, j’aurais aimé être rousse. Brune, tant pis. Deux bagues, la parole facile, je bois bien. » Espérons que la meilleure part littéraire de Tristan Garcia s’incarnera dans un texte autrement plus écrit et, disons-le, vivant.

la meilleure part
des hommes
de tristan garcia
Gallimard, 306 pages, 18,50

La meilleure part des hommes Par Jérôme Goude
Le Matricule des Anges n°97 , octobre 2008.
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