La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Théâtre Lettres de chocolat

mai 2009 | Le Matricule des Anges n°103 | par Gilles Magniont

Ouvrir les tiroirs de la commode, c’est risqué : d’étranges parfums pourraient s’échapper, la gêne pourrait nous gagner, et le papier jaunir. C’est donc un peu en tremblant qu’on découvre la correspondance de Bernard-Marie Koltès éditée par son frère François - plus de cinq cents pages de lettres adressées à sa famille, ses amis proches, les institutions, entre 1955 (il a alors 7 ans) et 1989, année de sa mort. La page d’ouverture, écrite par François Koltès, nous prévient : « Il n’y a pas de biographie plus juste que celle qu’on peut lire dans ce livre : ce que Bernard a écrit est évident et suffisant. Ce qui n’est pas écrit lui appartient ». Effectivement : pas de malaise ni de trouble, sinon celui d’une intimité douce qui charme et qui embrasse. « Biche, Quand arrives-tu pour mettre des fleurs dans ma chambre et un foulard autour de mon cou ? Quand pourrai-je t’offrir un chocolat à la pâtisserie des Vosges ? Quand ? » ; « Ma petite Maman, Enfin je commence à avoir des nouvelles régulièrement. J’ai eu trois lettres de toi le même jour, et je les ai gardées une heure en main, pour les savourer, avant de les ouvrir » : la tendresse de ces lettres montre surtout les « cordons » qui liaient Koltès à ses proches, et l’affection qu’il leur portait. Des premières aux dernières, il reste le même, « Ce pauvre gosse / déguenillé et sans le sou » des années 50, réclamant de l’argent, de l’attention, des nouvelles - « Envoyez une carte avec : Bons baisers. Meilleurs souvenirs » - tourneboulé par la naissance de son filleul : « Mon filleul est absolument remarquable ; je le lange, le baigne, lui donne le biberon du soir, lui parle des grands problèmes du moment, et l’adore ». On ne saurait dire celles qui touchent le plus, de ses voyages fiévreux ou des petits mots laissés sur la table de la cuisine pour dire qu’il ne rentrera pas ce soir, et l’on garde en tête l’image d’un visage éclairé, d’un corps léger émerveillé par les douceurs et la beauté, « à la tendresse brûlante comme des rios de lave ».

Lettres de Bernard-Marie Koltès, Éditions de Minuit, 523 pages, 19

Lettres de chocolat Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°103 , mai 2009.
LMDA papier n°103
6.50 €
LMDA PDF n°103
4.00 €