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Domaine français Paula

mai 2009 | Le Matricule des Anges n°103 | par Richard Blin

Paula, en profil perdu

Saisi dans sa précarité et sa fragilité lumineuse, c’est le destin de la peintre Paula Becker - qui épousera, en 1901, le peintre Otto Modersohn, l’un des fondateurs de la colonie artistique de Worpswede (des peintres désireux de donner une place renouvelée à la nature dans leurs œuvres) - et qui mourut à 30 ans des suites d’un accouchement particulièrement difficile, qu’évoque Anne Walter dans son nouveau roman. Fidèle aux petites touches dont elle a le secret - un mélange de réflexions et de sensations captées dans leur fraîcheur ou leur affleurement -, c’est le profil perdu d’une femme artiste qu’elle éclaire. Une femme dont la peinture est la patrie respirante mais qui, troisième enfant d’une fratrie comptant sept frères et sœurs, va devoir concilier vie de femme au foyer et création. « Le mariage n’est pas ce que l’on croyait » note Paula dans son Journal. Comment construire une œuvre, conjuguer absolu et vie quotidienne, besoin de contacts et solitude de Worpswede ?
Sa force de travail, sa violence - on la considère comme la première des peintres expressionnistes allemands - irritent jusqu’à son mari qui apprécie ses couleurs mais demeure insensible à la forme et à l’expression. À vrai dire, s’il veut bien d’une épouse peintre, il aimerait qu’elle fonde une famille et élève ses enfants. Mais Paula a besoin de Paris, de ses musées, de ses expositions. De liberté surtout. À son mari, elle écrit : « Tu m’empêches d’être moi ». On la juge irresponsable et égoïste alors qu’elle ne cherche qu’à ne pas se perdre et se diluer. Un combat qu’elle mènera jusqu’au bout, jusqu’à la fille qu’elle donnera à Otto.
Un livre vibrant de nostalgie mais où affleurent sans cesse le présent le plus vivace et les perspectives transfiguratrices de l’art. Où l’on croise Rodin, Lou Andréas Salomé et Rainer Maria Rilke à qui les femmes donnèrent tout. Quant à Paula qui, de toute sa vie, ne vendit que deux de ses toiles, c’est à son œuvre qu’elle a tout donné.

PAULA, EN PROFIL PERDU
d’ANNE WALTER
Actes Sud, 128 pages, 14,80

Paula Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°103 , mai 2009.
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