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Domaine français Epitaphe

juin 2009 | Le Matricule des Anges n°104 | par Chloé Brendlé

La mort d’un ami d’enfance qui l’avait précédé dans les chemins tortueux de l’émigration et de l’acculturation à la France, sert de prétexte au narrateur pour se remémorer deux jeunesses africaines. Réunis dans la capitale française, « ville cannibale » - selon le professeur de philo ex-soixante-huitard du narrateur - les deux Maliens, l’un roi de la « sape » et vendeur de cocaïne, et l’autre étudiant en lettres - mais pas pour longtemps -, alternent fêtes et désillusions. Le narrateur, Fargas, pétri de littérature et de belle langue, se livre, en évoquant les personnages qu’il rencontre, à l’ébauche de petites fables et de portraits très justes (l’esprit du XVIIe siècle n’est pas loin) farcis d’humour noir : l’histoire d’Onassis, compatriote qui transforme l’échec de son émigration en retour triomphal au pays natal, au mariage raté à cause de leurs cultures différentes des parents de sa petite amie métisse, en passant par l’apprivoisement à demi réussi d’un certain voisin et monsieur Lefrançois, grognard et raciste, qui considère la langue de ces bantous comme un « patois », (ce qui donne lieu à une belle tirade sur les noms servant à désigner les poils du corps). Il peint la société et ses démons à travers de nombreuses scènes, qu’il s’agisse du métro, avec « la mine sinistre des voyageurs, qui me donnait le sentiment de faire partie d’un convoi funèbre ou d’être parmi des meurtriers qui fomentaient un crime », des élections françaises, où le mot d’immigré devient une balle sonore que se renvoient les politiciens, ou de l’époque des lois Pasqua… Le récit d’Antoine Matha n’est jamais caricatural mais un peu trop sage dans sa facture de roman d’initiation d’un Africain à Paris. La fin tragi-comique, entre la délivrance d’une carte de séjour au prix d’une paternité fictive et le voyage d’un cadavre durant plusieurs mois dans son pays déchiré par la guerre civile, vient donner à ce premier roman son ampleur.

ÉPITAPHE
d’ANTOINE MATHA
Gallimard, « Continents noirs », 166 pages, 15,90

Epitaphe Par Chloé Brendlé
Le Matricule des Anges n°104 , juin 2009.
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