La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine étranger Le roi blanc

juin 2009 | Le Matricule des Anges n°104 | par Dominique Aussenac

Cet ouvrage, écrit à hauteur d’enfance, le narrateur est un petit garçon, tient plus du recueil de nouvelles que du roman. Ces tranches de vies qui se recoupent évoquent les stratagèmes que l’enfant met en place pour résister à un monde très hostile et à son immense cruauté. Ruses, mensonges, histoires inventées, courage, rires rythment le texte dont la palette va alternativement du sordide, au terrifiant en passant par le pathétique, le grotesque, le fantastique ou le merveilleux. Un peu comme si un Oliver Twist transformiste pouvait se muer en Tom Sawyer. Excepté que nous ne sommes ni à Londres, ni sur les rives du Mississippi, mais dans une région de la roumaine Transylvanie. L’enfant découvre peu à peu que son père, emmené par des amis, ne reviendra pas. Ces amis s’avèrent être des sbires de la police politique, du temps du jamais cité Ceaucescu. Le père, savant, fils d’un dignitaire du régime a eu la malencontreuse idée ou le courage de signer une pétition contre le régime communiste. Il creuse vraisemblablement un canal menant au Danube.
Le gamin vit seul avec sa mère qu’il tente de protéger, d’aimer. Pour son anniversaire, il confectionne un énorme bouquet de tulipes prélevées dans un jardin public. À un autre moment, il est exploité par des ouvriers qui l’utilisent avec ses camarades de foot comme terrassier. Lui font croire qu’ils connaissent son père, que ce dernier a eu une étrange maladie de peau qui l’a rendu méconnaissable. Ils le lui présentent. Paradoxalement, cet homme monstrueux deviendra son ami et lui montrera sa façon de résister à la folie des hommes. Un des moments les plus forts et les plus poétiques du livre, la découverte dans son taudis de milliers d’oiseaux à qui il a appris à chanter. « Csakany m’a dit tout bas que les oiseaux ne se supportaient pas, et que c’était pour ça qu’ils chantaient, et que cette musique, si magnifique, que nous venions d’entendre, n’était en fait qu’une suite de cris, d’injures, et de menaces, car les oiseaux en réalité se haïssaient… » Le décalage permanent entre l’enfant et le réel donne à ces récits une puissance d’évocation singulière.

LE ROI BLANC
de GYORGY DRAGOMAN
Traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly,
Gallimard, 290 pages, 23,50

Le roi blanc Par Dominique Aussenac
Le Matricule des Anges n°104 , juin 2009.
LMDA papier n°104
6.50 €
LMDA PDF n°104
4.00 €