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Domaine français We are l’Europe

janvier 2010 | Le Matricule des Anges n°109 | par Etienne Leterrier

Ils ont l’air singulièrement désabusés, les trentenaires de Massera. Des « mecs » et des « nanas » floués par le système, victimes coupables du consumérisme, de la déréalisation ambiante. Leurs rapports humains s’étiolent, leurs horizons se sont considérablement rétrécis. Alors dans We are l’Europe, face à cela, ils parlent. La pièce se présente comme un concert de voix, multiples, contradictoires, une introspection « au niveau de la laïfe », un forum pour parler de tout, sans tabous : de l’Europe mondialisée, et de sa culture « post-coloniale hyperagressive », des chaussures qui font puer des pieds, de la crise financière, du port du voile ou de celui du string fendu, des vertus du risque en économie capitaliste, des avantages horizontaux des cuisines équipées ou encore de ceux du Pass Beaubourg.
We are l’Europe pourrait presque s’apparenter, au sens de Barthes, à de nouvelles Mythologies, mais déclinée depuis le point de vue du mystifié, et non plus celui du mythologue. La verve satirique de l’auteur possède un certain talent lorsqu’elle fait parler ses sujets modernes, « le mec qu’a des problèmes de contnu » ou « le mec et la nana qui réalisent qu’ils leur arrivent plus rien », en parvenant à transmettre au lecteur tout leur désarroi. Car Massera dénonce, aussi. L’appauvrissement généralisé des esprits, des imaginaires, ou du langage se révèle à travers une novlangue bien dans l’air du temps où les débats se « focalisent » sur des trucs, où les « ok » sur tout précèdent des bouts de phrases qui s’allongent de « tu vois » ou s’interrompent inopinément. Réaliste, l’écriture de Massera l’est, car elle songe avant tout à s’incarner sur scène.
Pas de théorie ici : un constat pessimiste, une confrontation des discours que rien ne vient clore. Façon pour l’auteur de laisser le lecteur, une fois le miroir de ses frères consommateurs croisé, trouver seul la sortie. Ce qu’on ne peut que lui souhaiter.

we are l’europe
dE JEAN-CHARLES MASSERA
Verticales, 244 pages, 20

We are l’Europe Par Etienne Leterrier
Le Matricule des Anges n°109 , janvier 2010.
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