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Entretiens Langues en crue

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Jérôme Goude

Envoûtante pâte verbale émaillée de déflagrations poétiques, Loque (une élégie) de Dominique Quélen confond chairs et verbe, humour et mélancolie, lyrisme et prosaïsme.

Loque : Une Elégie

Quelqu’un chemine qui, entre des jardins savamment domestiqués et ce qui pourrait n’être qu’un trivial marché avec son amoncellement de marchandises, parle. À Rome, un chant s’élève, incorporant la matière contradictoire, basse ou noble, du monde. Une kyrielle de perles, de mouches et de plaies, « La nature a la beauté de ce dont elle est l’ordre », phrase un tantinet sentencieuse, de petits morceaux de langue italienne, etc. D’un coq-à-l’âne l’autre, Loque entraîne le lecteur, ce client avide de biens consommables, au cœur d’un monologue à voix et tonalités multiples. Tout en exhibant de fragiles oripeaux romanesques - Rome, son Capitole et son fleuve limoneux, deux jeunes aveugles, quelques pèlerins ou, entre autres, ce narrateur errant et interchangeable -, Dominique Quélen se frotte à l’indécidable. Prose bouillonnante transgressant les limites du lisible, son nouveau texte est un inextricable voyage dont la langue semble être à la fois et l’objet et le sujet.
Lecteurs constamment déroutés, coiffés d’un bonnet de bain imperméable au diktat de la raison tâtillonne, c’est avec une franche jubilation que nous nous livrons à ce flot vertigineux et hémorragique d’une parole ouverte aux possibles. Sensible au flux et aux torsions de la chair des mots, Dominique Quélen témoigne en effet de ce que la littérature s’acoquine volontiers de la « matière sexuée », donc misérable, de la prose : « Un slip qui valait au bas mot trois points-poésie pour la grande variété de tons, d’arômes et de textures qu’il ménageait aux sens. » Corps nécrosé et suintant d’une prose qui ne saurait, à l’évidence, se priver des écarts de la poésie : « Envoie valdinguer les souliers les fringues la charpie, client, et ce n’est pas non plus la bonne chemise à parole avec laquelle tu dis le brebis, la pistolet à bœuf, les bel animaux, les matières molles sorties du chaleur de l’entraille et frica frêca fraca poisson frit dure casserole au feu. »

Le mot « loque » revient souvent sous votre plume, ses sens concrets de « haillons » et de « loque humaine ». S’agit-il d’une métaphore textuelle ?
Le texte est, pour moi, une loque, à savoir un tissu, mais sans grandeur, sans beauté en elle-même, plutôt un tissu bas, comme les bas morceaux de mon premier livre, reprise voilée des « Chansons bas » de Mallarmé, quelque chose comme ce qu’on appelle dans le Nord une loque, ou parfois même une « loque à reloqueter », c’est-à-dire une serpillière. Cette loque se prête à être déchirée et recousue sans continuité. De sorte que, dans l’écriture, j’ai constamment tâché de rompre le fil en même temps que je faisais revenir les mêmes motifs. Ensuite, pour prendre une image, je verrais assez la langue comme un tissu pendant - une manche à air, si l’on veut - que la parole soulèverait ou traverserait de son vent. Entendez-le comme vous voudrez (rires) ! Quant à la loque humaine, bien entendu, mais là on sort du champ poétique pour entrer dans l’anecdote...

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