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Dossier Carlos Liscano
L’enfermement volontaire

avril 2010 | Le Matricule des Anges n°112 | par Thierry Guichard

L’Écrivain et l’autre est à la littérature ce que Le Fourgon des fous était à la torture : une mise à nu radicale de l’acte d’écrire, l’exploration lucide d’une aliénation volontaire. Saisissant.

Le livre se présente comme une succession de notes écrites en marge d’un livre empêché. Notes sur l’acte créatif qui développent, comme en écho les unes par rapport aux autres, une forme d’intranquillité aiguë. Ce n’est pas toutefois seulement l’écriture qui est passée ici aux rayons X d’une radioscopie intime. C’est la vie même. Pour expliquer le titre du livre, disons tout de suite, que « l’autre », ici, c’est l’homme Liscano quand Liscano n’est pas l’écrivain. « Tout écrivain est une invention. Il y a un individu qui est un, et un jour il invente un écrivain dont il devient le serviteur ; dès lors, il vit comme s’il était deux. » À l’écrivain revient la solitude, le retrait de la vie. À l’autre le soin de gérer le quotidien, faciliter le travail de l’écrivain. Cette schizophrénie consentie, forcément, plonge ses racines dès la naissance de l’écrivain Liscano, en prison. « Dans les pires moments, sous la torture, dans l’isolement prolongé du cachot, la seule chose à laquelle je pensais c’était que je devais survivre » écrit-il avant de préciser quelques pages plus loin évoquant sa libération en 1985 : « Je crois que ce qui m’a permis de ne pas sombrer dans le désespoir c’est que j’ai pris conscience de ma situation et du fait que j’avais un personnage à nourrir : l’écrivain que j’avais inventé en prison. Je me suis consacré à lui. Ç’a été mon salut. » À cette réflexion sur ce rapport entre l’écrivain et l’autre, entre l’écriture et la vie, Carlos Liscano apporte de multiples illustrations tirées de sa vie, et plus encore, du deuil multiple à quoi la prison l’a condamné : le deuil des parents morts alors qu’il était détenu, le deuil des années envolées. On trouve au cœur du livre des pages d’émotion pure lorsque, par exemple, l’écrivain évoque le suicide de son père, les larmes qu’il verse enfin dans un cimetière de Stockholm sur ses morts uruguayens.
Si la mort hante (avec l’idée du suicide) ses pages d’une impudique pudeur, l’écrivain reste fidèle à ce qui l’a conduit à l’écriture dans l’enfer carcéral : « L’effort le plus difficile pour écrire consistait à m’isoler dans l’isolement. Ne pas laisser à la répression assez de place pour entrer dans ma tête, organiser un monde à part sans lien avec l’immédiateté. Lutter pour une phrase bien faite, pour l’adjectif exact ». Les murs apparemment tombés, l’écriture n’a pas pour autant perdu de sa nécessité : « écrire en démocratie, n’est-ce pas résister ? La littérature ne doit-elle pas toujours être un mode de résistance ? » Reste la page blanche, le puits (image récurrente empruntée à Onetti), l’absence métaphysique qui appelle incessamment l’écriture : « Il y a dans le cœur de l’écrivain un immense lac de silence. Dans le calme instable de ce lac, parfois, tout à coup, un éclair noir déchire la luminosité pour lier ce qui est et ce qui n’est pas, ce qui n’est pas et ce qui est, ou deux choses qui ne sont pas mais renvoient à une troisième. Voilà le sort de l’écrivain : lorsque l’éclair...

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