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Dossier Carlos Liscano
Les chemins de la liberté

avril 2010 | Le Matricule des Anges n°112 | par Thierry Guichard

Née de la nécessité de survivre à la torture et à l’enfermement, l’écriture de Carlos Liscano a cheminé vers la quête obstinée de l’individu dans ce qu’il a de plus profond et de plus singulier. Bâtie pour lutter contre toutes les aliénations, son œuvre n’échappe pas à une aliénation suprême : celle de l’écriture.

Difficile de n’avoir pas un sentiment encombré quand, faisant son travail, on met à la question un homme dont l’œuvre tout entière est née de l’expérience douloureuse de la torture puis de l’enfermement. D’autant que Carlos Liscano évoque d’une manière radicale et implacable aussi bien la torture (dans Le Fourgon des fous) que les affres de l’écriture vécue comme une aliénation quand on voudrait qu’elle soit une libération (L’Écrivain et l’autre). Les réponses à nos questions sont dans ces deux livres-là, pour beaucoup, ou se devinent dans les traces autobiographiques laissées dans les fictions. Rompu à l’exercice de l’entretien, Liscano n’attend pas la traduction en espagnol de nos questions pour y répondre dans un espagnol presque murmuré. Débuté dans un hôtel glacial de Lyon, où l’écrivain est descendu pour participer à la Fête du livre de Bron, l’interview se prolongera, sporadiquement, via une correspondance électronique. Perdues entre Montpellier et Montevideo, certaines de nos questions errent encore dans l’espace cybernétique…

Carlos Liscano, votre œuvre est née d’un gouffre, celui que creuse en tout être humain l’expérience indicible de la torture, puis de l’emprisonnement durant treize ans…
À l’époque (1972), la torture se faisait environ sur six mois. Ça pouvait durer plus longtemps selon les tortionnaires et les détenus. Ensuite, en prison, nous n’avions pas de torture physique. On ne peut pas parler de la prison comme si elle était un endroit immuable, qui ne changeait pas. Elle changeait tout le temps en fonction de la situation politique nationale ou internationale. Par exemple, quand Jimmy Carter a commencé à lutter pour les droits de l’homme en Amérique latine, cela nous a valu nos pires moments en prison, parce que les militaires voulaient montrer qu’ils n’en avaient rien à foutre de Carter et de ses ordres, et donc ils nous traitaient encore plus mal. Nous, les détenus, en blaguant on disait : « Carter, arrête de défendre les droits de l’homme ! On était mieux avant… »
En prison, il y avait beaucoup d’isolement, de dépersonnalisation. Il fallait que le prisonnier n’ait plus rien de personnel, de singulier, rien qui lui permette de se sentir comme un individu. Mais même dans ces conditions, l’être humain arrive à s’adapter. Il s’adapte à n’importe quoi.
On avait de la nourriture, mais pas toujours. On n’était pas dans un camp d’extermination.
Avec la nourriture, on arrive toujours à organiser un peu de vie. On essaie surtout de ne pas devenir une bête, un animal. On essayait de garder nos mœurs, nos habitudes en société, ça pouvait aller jusqu’à l’extrême chez certains prisonniers…

Jusqu’à la folie, comme vous l’évoquez. Vous avez eu peur de la folie ?
Oui, bien sûr l’isolement produit des conduites assez étranges. L’isolement profond produit le délire. On commence à parler tout seul parce qu’on en a besoin. Ensuite le cerveau commence à inventer des choses qui ne sont...

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