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Domaine étranger Le faiseur d’anges

avril 2010 | Le Matricule des Anges n°112 | par Thierry Guinhut

Ne vous fiez pas à l’incipit apparemment conventionnel, avec juste ce qu’il faut de suspense. Un docteur débarque dans une ville frontalière (entre Belgique, Pays-Bas et Allemagne) en étonnant les braves gens. N’a-t-il pas, comme son père, un « bec-de-lièvre » et, dit-on, trois bébés jumeaux dont les cervelles ressemblent « A une noix. Mais en bien plus gros. Et tout visqueux. » On prendra la chose pour de stupides commérages… Mais gare ! Ce roman va bientôt, et dans un crescendo efficace et crédible, nous emporter vers une fin proprement hallucinante. Car notre mystérieux et peu sympathique docteur, souffrant du syndrome d’Asperger (difficulté à ressentir des émotions, à différencier le bien et le mal, à communiquer), même s’il sauve d’abord un enfant, finit par nous délivrer le secret de son enfance martyre, de sa vocation : la médecine, le clonage. Ainsi les trois bambins, élevés par une aimable institutrice, ressemblent-ils violemment à leur père, sans pouvoir espérer échapper au vieillissement accéléré. Notre docteur se révolte contre « une faute commise par Dieu, une erreur qu’il convenait de réparer ». Autour de lui, on s’inquiète : « Fallait-il freiner un génie au motif qu’il montrait des signes de démence ? » Avant de peut-être parvenir à affiner sa technique pour un couple en mal d’enfant perdu, son mysticisme délirant le poussera au sacrilège suprême au bout d’un chemin de croix…
Bien sûr, on peut lire cette fiction réaliste, qui confine cependant au fantastique, comme une réécriture du mythe de Frankenstein, dans une vision où l’aventure scientifique ne peut rivaliser avec Dieu et ne mène qu’au désastre, selon une tradition morale, trop bien établie. En ce sens, on est en droit de considérer ce roman comme un brin réactionnaire, déniant à l’homme le droit de corriger la nature. Si l’on trouve Stefan Brijs excessif dans son propos mystique et antiscientiste, il a le mérite de poser d’indéniables problèmes éthiques.

LE FAISEUR D’ANGES
DE STEFAN BRIJS
Traduit ddu néerlandais par Daniel Cunin, Héloïse d’Ormesson, 464 pages, 23

Le faiseur d’anges Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°112 , avril 2010.
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