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Dossier Jean-Luc Sarré
La vie buissonnière

mai 2010 | Le Matricule des Anges n°113 | par Thierry Guichard

Conscient, jusqu’à la plus cruelle lucidité, de la finitude du monde, Jean-Luc Sarré a posé ses valises pas dans la marge de l’existence. Ses voyages immobiles le tiennent à la table d’écriture, face aux vitres de son appartement, en guetteur attentif du sensible.

Il est assez rare d’habiter une demeure qui est le titre d’un livre. Le poète Jean-Luc Sarré s’est offert ce luxe, depuis qu’en 2006 il a fait paraître Bât. B2, suite de poèmes autour de la résidence qu’il habite avec sa femme depuis quinze ans. Situé dans un parc, au bout d’une longue impasse, le bâtiment B2, comme ses frères, semble former une ambassade de verdure dans Marseille. On est loin du centre ville, proche pourtant, et les poèmes de notre hôte le soulignent qui suivent régulièrement la vie des arbres et le vol de mésanges ou de perroquets affranchis qui ont investi les lieux.
On n’est donc pas surpris, quand on l’a lu, de découvrir le cadre au centre duquel l’écrivain pose son regard pour en restituer l’immanence. On ne l’est pas plus, entrant chez lui, de constater la présence des disques (cd et vinyles) rangés au pied du mur sur lequel s’alignent des tableaux signés Serge Plagnol, Denise Esteban, Claude Garache entre autres…
Le jazz, la musique classique, la peinture : passions vives de l’écrivain, tout comme l’équitation présente aussi par l’entremise de photos de sa fille en action, sautant un obstacle, recevant une récompense : « elle est bien meilleure que moi. J’ai une passion pour le cheval, mais je n’étais pas très bon. »
Pour évoquer sa vie, Jean-Luc Sarré use d’une citation de Kierkegaard qu’il affectionne particulièrement : « Je me suis jeté dans la vie avec une voie d’eau dans la cale. » Une phrase qui ne déparerait pas ses carnets dont il donne à lire des fragments depuis Rurales, urbaines & autres publié en 1991 par les éditions Fourbis. Deux livres de notes (Au crayon suit en 1999 chez le même éditeur rebaptisé Farrago) repris aujourd’hui chez La Dogana qui y ajoute la troisième partie éponyme au nouveau volume : Comme si rien ne pressait. Dans le même temps, sort un nouveau livre de poésie Autoportrait au père absent.
Depuis 1979, ce poète discret livre à ses lecteurs des morceaux de son errance modeste dans l’existence, les fruits mûrs de l’ennui tel qu’il le pratique : si consciencieusement qu’on dirait avec délectation. L’ennui, à la mode de Cioran, est ce qui ouvre parfois une porte vers le sentiment fugace d’exister, enfin. Pour en retrouver la trace, l’écrivain dispose sur les pages de cahiers (mais on le soupçonne aussi : sur des nappes en papier) des notes prises sur le motif, comme de minuscules épiphanies saisies au filet de son regard. On aura quelque peine à rattacher l’œuvre ainsi dessinée entre prose fragmentaire et poèmes irréguliers, à quelque courant poétique ou littéraire que ce soit. Volontiers tourné vers les grands anciens dans ses lectures, le poète fraie sur la vague d’une modernité aux racines profondes avec des poèmes comme ceux de Bardane ou de Poèmes costumés. Blocs d’énigme, condensés d’allusions, ses vers sont parfois traversés par une ironie mordante et parfois collent au plus près de la plus infime banalité quotidienne. Peut-être sont-ils le reflet chiffré (au...

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