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Domaine français C’est tous les jours comme ça

juillet 2010 | Le Matricule des Anges n°115 | par Chloé Delaume

C’est tous les jours comme ça

Voilà un petit livre à l’air innocent et fort policé à côté duquel, regrettablement, on passerait. C’est que les titres de Pierre Autin-Grenier sont toujours des trompe-l’œil malicieux. Le premier texte de ce recueil insolite et très cohérent donne le ton : l’hôte d’une réception dévore la femme du patron, « n’en laissant guère plus, une fois repu, qu’un morceau de cuir chevelu et un sac en croco ». Sous-titré « les dernières notes d’Anthelme Bonnard », C’est tous les jours comme ça se présente comme les chroniques d’un grincheux sympathique, chroniques où l’on croisera la couturière du deuxième et son trancheflic soixante-huitard, un vendeur d’orgasmes, des malamutes d’Alaska, un cadavre de nain, une horde de surmulots… Un petit univers de quartier merveilleux et noir, entre L’Ecume des jours et la rubrique des faits divers, entre la petite histoire de fort bon mauvais goût, le conte métaphysique, et la comptine : « Ce matin encore une femme qui ouvrait ses volets est tombée comme feuille morte l’automne par sa fenêtre sans qu’on puisse dire le pourquoi le comment. » Tête qu’on promène, peau qu’on quitte, rue qu’on peut mettre des années à traverser : toutes choses que Borges n’aurait pas reniées, et que Pierre Autin-Grenier, avec son ironie coutumière, cisèle dans une langue au charme volontiers désuet. Nerfs en capilotade, sonnets vieillots commis par une ancienne amante, roudoudou, matutinal bol de camomille… Façon de croquer sur un mode grinçant les temps qui courent. Des temps menés par les gendarmes et les jeunes membres de la Nouvelle Unité du Cadre de Vie. Des temps où « Batifoler est renvoyé à la saint-glinglin, s’enfoncer dans les délices de l’insouciance remis aux calendes et c’est trimer à quatre bras qu’il faut maintenant si l’on veut remettre la machine en ordre de marche et le pays radieux en route. », où l’on supprime les Martin, trop nombreux dans le Bottin. Où l’on ne peut plus fumer tranquille, et où les bandeaux sur les livres de fiction portent la mention « Lire peut entraîner des lésions cérébrales graves »…

c’est comme ça
tous les jours
de pierre autin-grenier
Finitude 154 pages, 15

C’est tous les jours comme ça Par Chloé Delaume
Le Matricule des Anges n°115 , juillet 2010.
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