La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Varanger

octobre 2010 | Le Matricule des Anges n°117 | par Richard Blin

Brûlée de silence, balayée par les vents, la presqu’île de Varanger, à l’extrême nord-est de la Norvège, est un peu le sol absolu de la poésie pour Alain Bernaud. Une terre élimée où « même la ruine est luxe », où règne la toundra – « Vaste terre ! frottoir de l’abdomen de l’air ! » –, espace délesté de tout ce qui fait obstacle au rien « comme si roc, air, glace/avaient voulu réparer en s’annulant/notre sensation défectueuse d’infini ».
De grands ciels délavés, « ces broiements de gris qu’on appelle le vent » et qui immensifient espace et temps, quelques affleurements gréseux, la réalité est réduite à l’élémentarité de la matière du monde, et la poésie se fait syllabaire de ce réel primordial, poème du regard, du constat.
éloge de la vie immédiate, de l’expérience quotidienne d’être là, d’être à même ce qui est là, « au bord neigeux du visible ». Poésie de l’attention et de l’étonnement. « Si on regarde de tous ses yeux/on peut voir les âmes corpulentes/cousues serrées et bien étanches -/faites pour ne rencontrer que du vide – des derniers chamans de Varanger ». écriture du dénuement sinon du dépouillement radical. « Peu de choses. Presque rien -// Les modulations de la transparence dans l’embrasure du vide -// Et de loin en loin, la traversée soudaine de quelques regards :/oiseau qui tournoie au-dessus de nous… puis défait le cercle -/rocher, que les rives de la dissolution révèlent -/petite fleur blanche au cœur jaune, qui mime la course du soleil… »
Nudité quasi ontologique, qui crée comme un accroissement d’intensité vitale, suscite une grande levée de frontières, invite au nomadisme, à de longues marches « sur la peau éblouie du matin », dans la « joie pure de l’aller » et la pulsation de la lumière qui épure et décante un peu plus ce paysage archaïque, tout en faisant vibrer ces « inaliénables solitudes ».
Moments où se rencontrent un corps et un sol, l’air et la lumière ; moments de co-naissance du monde et d’un pur état d’être – sorte de connaissance participative que sanctifie la poésie d’Alain Bernaud.

Richard Blin

Varanger
Alain Bernaud
Isolato, 66 pages, 16

Le Matricule des Anges n°117 , octobre 2010.
LMDA PDF n°117
4.00 €