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Entretiens Le galérien sans qualités

novembre 2010 | Le Matricule des Anges n°118 | par Jérôme Goude , Olivier Roller

Philosophe de l’impensable, mythographe du réel, l’écrivain hongrois, prix Nobel 2002, construit une œuvre dont la visée est l’avènement de l’Holocauste comme culture. Naviguant entre introspection et contemplation, Journal de galère en dévoile les fondations théorico-littéraires.

Journal de galère

En 1975, grâce au concours de l’essayiste Pal Réz, Imre Kertész publie Sorstalanság, premier roman dont le titre hongrois signifie « absence de destin » et qui, en français, deviendra Etre sans destin (Actes Sud, 1998). Avec cette œuvre atonale et radicale, il pose les bases d’une approche de l’expérience concentrationnaire qui ne souffre d’« aucune morale statique ». Tout en échappant à la dramatisation stylisée des « figures imposées » telles que le voyage dans les wagons à bestiaux, l’arrivée à Auschwitz, la sélection ou la douche, Kertész s’attache à façonner un personnage soumis à la force uniformisante du totalitarisme : György Köves. Amorcé en 1961, un an après les prémices d’Etre sans destin, Journal de galère éclaire, de façon intermittente, tout ce qui a concouru à l’émergence d’une pensée résolument moderne : « Après Kafka, la fiction exige une présence totale : c’est tellement différent de “l’engagement” sartrien. L’écrivain qui “se penche sur” les destins, c’est-à-dire l’écrivain menteur, l’écrivain moralisateur, l’écrivain à thèse. Or, une voix n’est crédible qui si elle vient du plus profond du destin, d’un homme que son destin écrase, qui ne choisit pas parmi les destins. »
Véritable pépinière de réflexions et d’interrogations, Journal de galère s’immisce dans les « ruminations monomaniaques » et contradictoires d’un homme mû par un indéfectible besoin de témoigner. Entre des aphorismes éprouvants du type « Le suicide qui me convient le mieux est manifestement la vie. », une analyse critique du Château de Kafka, de nombreuses références philosophiques et littéraires, le compte-rendu d’un séjour à Berlin ou de fulgurants traits d’esprit, Imre Kertész s’autorise de subtiles digressions contemplatives. Ainsi, en mai 1982 : « Szigliget. Le bavardage des oiseaux dans la nuit. Incroyable, émouvant, on croirait entendre des paroles humaines. Longs sifflements, chauds gazouillis, chants, roucoulements – à l’évidence, ils sont heureux. Nulle brutalité, nulle irritation, nulle faim. » Opposons, comme ce cahier de travail volontiers lacunaire nous invite à le faire, ce bavardage apparemment bienveillant à « notre » existence réelle, dite « monologique et ennuyeuse », pour discerner ce qu’il sous-tend. On comprendra peut-être combien l’auteur du Refus est passé maître dans l’art de témoigner sur l’incommunicable de l’horreur des camps de concentration avec les « moyens de la surface » et de l’ironie tragi-comique. Combien la « souffrance de son savoir » ne nous quittera jamais plus. Ne sommes-nous pas des frères du suicidé de Liquidation (Actes Sud, 2004), l’écrivain B. né à Auschwitz dont l’éditeur recherche les traces d’un roman disparu ?
Non loin de l’Arc de Triomphe, dans le bar-salon de l’hôtel Raphaël, Imre Kertész, accompagné de sa femme Magda et de sa traductrice, nous accueille chaleureusement. L’étrange musicalité de la langue hongroise aura raison du babillage des clients endimanchés ; la transparence de son...

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