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Domaine étranger Dans la ville j’ai perdu un roman

mars 2011 | Le Matricule des Anges n°121 | par Franck Mannoni

Dans la ville j’ai perdu un roman

Qu’est-ce qu’un roman ? Courtois, épistolaire, psychologique, naturaliste, réaliste, surréaliste : depuis le XIIe siècle, les écrivains explorent sans relâche ce genre régalien de la littérature. Jusqu’à l’impasse ? En 1930, l’auteur équatorien Humberto Salvador pose la question dans une œuvre qui échappe à toutes ces catégories. Il creuse le sillon de l’essai romancé : un personnage de fiction, désireux d’écrire un livre, s’interroge au fil des chapitres sur ses personnages. On pense aussitôt à la pièce de théâtre Six personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello (1921), autre interrogation, labyrinthique, féroce et tragique, sur l’art créatif. Plus itinérant que le huis clos de Pirandello, Dans la ville j’ai perdu un roman… est une promenade urbaine dans les rues de Quito. Le narrateur s’immerge dans l’atmosphère de chaque quartier pour y dessiner sa chimère. Ces allers-retours entre le réel et l’imaginaire sont pour lui source d’inspiration, mais brouillent aussi tous ses repères. Il traque cet instant magique où « le mensonge se jette dans l’invention ». Il reconnaît la force des destins : « se perdent dans les villes des millions de romans que nous sommes incapables de dénicher ». Pour se contredire aussitôt : « Un pantin a souvent davantage de vie qu’un homme ». Incertitude insupportable pour l’artiste qui, par son action, s’impose des choix. Même la transfiguration des êtres vivants en personnages fictifs – « Que Victoria A – la femme- et Victoria B – le personnage – forment une troisième Victoria différente de chacune d’elles » – apparaît comme un leurre. Dans cette œuvre virtuose au style hyperbolique, Humberto Salvador refuse la fixité pour suggérer un nouveau pacte au lecteur. Le romancier offre et partage son processus créatif. Au lecteur, à son tour, de faire éclater les cadres, d’être en déséquilibre permanent. Seule réhabilitée, l’observation échappe à la table rase, avec pour modèle la Nature, qui « nous impose la norme suprême de la perpétuelle révolution esthétique ». Quatre-vingts ans après cette profession de foi, le roman reste un terrain à défricher.

Franck Mannoni

Dans la ville j’ai perdu un roman…
Humberto Salvador
Traduit de l’espagnol par Claude de Frayssinet
Les Fondeurs de briques, 172 pages, 17

Le Matricule des Anges n°121 , mars 2011.
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