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Essais C’est la culture qu’on assassine

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

C’est la culture qu’on assassine

Avoir pignon sur blog, Pierre Jourde n’était pas chaud ; mais en définitive il s’y est fait, enjambant même les marécages de l’internet : « J’avoue avoir été, à certains moments, profondément découragé par la teneur de certaines interventions, par ce qu’elles révélaient d’inculture, de préjugés, de vulgarité (…). On a l’impression par moments qu’un espace de commentaires est une sorte de poubelle où se déverse la médiocrité. » Si l’avant-propos distingue ainsi entre bonne et mauvaise utilisation du clavier, il ne s’embarrasse pas d’une autre frontière : un blog peut-il faire un livre ?
Pourquoi pas, si les « papiers », en s’additionnant, constituent un système, une singularité, un style. C’est la culture qu’on assassine s’adosse à La Crise de la culture d’Hannah Arendt ; il en prolonge généreusement les présupposés, entre sociologies à la louche de l’homme de masse et partage à la tronçonneuse des fonctions de l’art. Rodéo finkielfro : il y a ces émissions littéraires qui n’existent plus, ces enfants qui ne connaissent pas la limite, cette langue qui s’effondre… Des concessions qu’on attend – « Chacun a le droit de se détendre devant un spectacle facile » – aux assertions qu’on redoute – « La télévision parle d’elle-même » et les journalistes demandent « des larmes, de l’émotion, pas des idées ou des faits » –, les lieux communs s’accumulent sans grâce, comme si Jourde, en ôtant ses gais habits de polémiste littéraire, découvrait les charmes du tout-venant. Et parfois du tout-à-l’égout : « Quoi qu’il en soit, la démocratie, et ce qui va avec, s’arrête à l’Islam (…). Une religion qui ne supporte pas la moquerie n’a pas atteint sa stature adulte. Elle n’a pas été éduquée par des siècles de critique ». Diable, c’est qu’on se situe en ces pages aux avant-postes des Lumières et de l’Occident ! Preuve en est le radieux bilan d’une mission au Centre de recherche français de Jérusalem – « Le conflit est là, bien sûr, le mur se construit », mais rien qui égale ici les ignominies de la télé-réalité.

Gilles Magniont

C’est la culture qu’on assassine
Pierre Jourde
Balland, 288 pages, 18,90

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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