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Domaine français Baltern

avril 2011 | Le Matricule des Anges n°122

Après Tino et Tina (2009), Patrice Blouin renouvelle son exploration de la figure du double avec un texte étrange, cocasse et ironique où jeux de miroir et mises en abyme interrogent la notion de spectacle. C’est à Baltern, petit village suisse à l’abandon, que Blouin pose le décor – et c’est peu dire ! Dans ce champ d’expérimentation à ciel ouvert, une colonie d’anciennes gloires des studios hollywoodiens rejoue sans fin, dans « la vraie vie » désormais, le rôle-type qui les a imposés à l’écran, jusqu’à faire du village leur dernière scène, leur « communauté de substitution » peuplée de caméras imaginaires, de projecteurs invisibles, de régisseurs fantomatiques. À Baltern, la vie se déroule en scènes et plans successifs ficelés par un scénariste bien maladroit. Hallucination collective ou gentil délire ? À Baltern, on ne vit pas : on joue – façon délicate de se protéger de la réalité et d’en maîtriser les incertitudes, voire d’arrêter la fuite du temps. Et Blouin d’enfoncer le clou avec ce pastiche de scénario requérant l’esthétique de la série B – avec un coup de théâtre final digne des pires productions de l’époque. On laissera au lecteur le plaisir de découvrir qui est vraiment Hans Detlev, le maire de Baltern, ou encore qui se cache sous des pseudonymes chantants tels Ruth Myrna ou Howard Kirby : on imagine aisément un Patrice Blouin jubilatoire, inspiré par le kitsch suranné de ces années 1950.
Mais au-delà de l’anecdote, plaisante quoique parfois trop appuyée, Baltern est une réflexion sur l’image – celle que nous construisons de nous-mêmes dans notre course identitaire. Images fixes que le mouvement effraie, nous demeurons quoi qu’il arrive des consciences malheureuses soumises au « principe même d’(une) réflexion généralisée ». Blouin a beau jeu de rappeler, par la bouche d’un de ses personnages, évidemment psychanalyste, que « le monde n’est pas une scène » ; sous l’image, sous la surface, il n’y a rien.

Valérie Nigdélian-Fabre

Baltern
Patrice Blouin
Gallimard, « L’arbalète », 128 pages, 17,50

Le Matricule des Anges n°122 , avril 2011.
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