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Dossier Toni Morrison
« Endurer puis triompher »

octobre 2012 | Le Matricule des Anges n°137 | par Etienne Leterrier-Grimal

De Faulkner à la Bible, des corps martyrisés à l’écriture des voix, des fantômes au rôle émancipateur des femmes : retour sur une œuvre puissante en compagnie du dernier écrivain américain nobélisé en activité.

Elle n’a passé que quelques jours à Paris, à l’occasion du festival America, dont elle était l’invitée d’honneur. On nous avait prévenus : loin de considérer l’interview comme une formalité, Toni Morrison s’y montre engagée, précise. Sous l’iconique cascade de cheveux grivelés, une robe de couleurs vives sur laquelle brille une médaille religieuse. À quatre-vingt-un printemps et probablement moitié moins d’hivers, Toni Morrison a l’esprit prompt et la voix claire, ponctuant régulièrement l’entretien d’un rire malicieux.

Vous avez annoncé avec Home, votre nouveau roman, vouloir « griffer le vernis des années 50 ». En quoi Home est-il pour vous un roman politique ?
Pour moi, le terme « politique » renvoie à autre chose que le pouvoir, les partis, ou les élections. Toute littérature qui émane d’une frustration et d’une douleur est, par essence, politique, puisqu’elle traite de conflits rencontrés par des hommes et de leurs solutions. Que l’on soit Shakespeare, Homère, ou un écrivain contemporain, c’est la même chose. Home, c’est un roman qui mélange le regard politique et le regard culturel sur une époque. J’ai essayé de débarrasser les années 50 de cette espèce de brouillard doré dont on les a couvertes depuis. Car ce n’étaient pas seulement des années de fierté, d’après-guerre, de télévision, de consommation et de prospérité. En dessous de tout cela, les problèmes étaient nombreux, et ils étaient criants. Le maccarthysme, un anti-communisme virulent et une violence raciale qui ruinait la vie des gens. Je ne parle pas seulement de ce que l’on appelle « discrimination », comme cela apparaît dans le roman. Je parle de meurtres. Les gens se faisaient tirer dessus dans la rue. À côté de cela, il y a eu la guerre de Corée. Une guerre non avouée, qui a fait plus de 50 000 morts, et que les dirigeants appelaient à l’époque une « police action ». Frank, c’est donc le personnage qui incarne cet aspect sombre de cette décennie : il est noir, et c’est un vétéran de retour au pays.
Sa sœur, Cee, apparaît comme l’autre personnage principal du roman. C’est une jeune fille et elle n’a jamais quitté la région natale. A-t-elle une fonction critique semblable ?
À cette époque ont commencé aux États-Unis des expérimentations médicales de grande ampleur sur les populations pauvres. On testait alors différents traitements pour guérir de la syphilis. On faisait des études sur les symptômes terribles auxquels la maladie pouvait donner lieu. Or, ce sont les pauvres, et souvent les Noirs, puisque cela s’est produit notamment à Tuskegee, qui ont servi de cobayes à ces expérimentations. Des gens malades, à qui on promettait de donner des médicaments, ont reçu des placebos à la place et n’ont donc pas été soignés, cela juste pour avoir une idée précise des ravages que pouvait faire la maladie. On a donc trompé ces gens, et cela n’a été admis que bien plus tard. Cee est une jeune fille naïve. Elle est embauchée comme assistante, et tombe dans...

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