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Poches L' Armada

janvier 2013 | Le Matricule des Anges n°139

L’œuvre et le personnage de Franz Zeise (1896-1961) sont nimbés de mystère. Traducteur d’anglais et de français, auteur de pièces radiophoniques, de romans, l’écrivain allemand n’a laissé que quelques traces fugaces avant de réapparaître en 1954, à demi-fou, dans un hôpital. Consacré à Juan d’Autriche (1547-1578), fils illégitime de Charles Quint, et publié en 1936, L’Armada met en scène la folie qui procède du pouvoir. Pour Zeise, dominer et contraindre, quand ils ne sont pas dictés par des troubles psychiatriques, y conduisent de manière nécessaire. Trois ans après l’élection de Hitler en Allemagne, dans une Europe rongée par les régimes totalitaires espagnol et italien, Zeise exprime la dérive psychotique d’une époque. Imprégné d’Histoire, fourmillant de détails et d’anecdotes, ce récit épique est un texte halluciné. Charles Quint apparaît comme un être angoissé, souffrant de terreurs nocturnes, perclus de doutes mystiques. Son bâtard, Juan, qui grandit sans connaître sa prestigieuse ascendance, se montre d’une cruauté maladive, traumatisé par le regard autoritaire et mélancolique d’un père empereur, idéalisé, mais qui l’a abandonné.
Véritable épopée, L’Armada relève des grands romans d’aventures chevaleresques dont Cervantès est le héraut ironique. Le chapitre consacré à une chevauchée tragicomique de dix mois entre Augsbourg et Tolède en témoignent. L’homme de lettres espagnol apparaît d’ailleurs dans le roman, notamment au moment de la mort de Juan d’Autriche. Un épisode historiquement improbable puisqu’en 1578, Cervantès, capturé par des pirates, était toujours prisonnier en Alger. La vérité des faits n’est pas la préoccupation de Zeise, qui cherche la vérité des âmes, surtout dans leur noirceur. L’Armada, préfacé par Leonardo Sciascia, est un roman entre chien et loup, qui lie le rationnel à l’irrationnel, toujours à l’affût d’un au-delà, de signes à lire de manière quasi superstitieuse. Il montre aussi comment quelques puissants peuvent mener des centaines de milliers d’hommes sur le chemin de la destruction, lorsque celle-ci prend les habits trompeurs de la victoire.

F. M.

L’Armada
Franz Zeise
Traduit de l’allemand par René Daillie
Les Belles Lettres, « Le goût des idées », 259 pages, 15

Le Matricule des Anges n°139 , janvier 2013.
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