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Domaine français Poésie du gérondif

mai 2014 | Le Matricule des Anges n°153

Poésie du gérondif

Une mouche tsé-tsé l’a piqué. En tariana (une des langues d’Amazonie), il suffit d’ajouter au verbe un petit suffixe, dit « évidentiel » (dans le jargon des linguistes et des grammairiens cette fois), pour préciser si l’on a vu la mouche foncer sur sa victime, si l’on a entendu les cris de douleurs de celle-ci, si on l’a déduit à la taille de la blessure ou si on a appris le forfait par ouï-dire. Passons sous silence la cinquième nuance, et la non-existence des mouches tsé-tsé dans cette partie de la planète pourtant fertile en bestioles. Quelle mouche a donc mordu Jean-Pierre Minaudier, historien de formation, et l’a transformé en amateur de linguistique comparée, en collectionneur de grammaires et de records de la syntaxe la plus européo-décentrée ? « [L]’une des leçons qu’on apprend à force de fréquenter Internet, c’est qu’aucun cinglé n’est seul de son espèce. » nous répond le facétieux dans une note de bas de page. Ce que le lecteur apprendra dans Poésie du gérondif, petit et dense livre au titre racoleur (il sera en effet très peu question du gérondif), relève autant de la curiosité scientifique et de la « chasse au record » que de l’incitation au voyage (mental ou pas). L’auteur y égrène des langues méconnues et leurs particularités syntaxiques (laissant de côté la jungle du lexique), du garifuna des Antilles au !xoon du Botswana, en passant par le chinanthèque du Mexique et la limilngan d’Australie, (pour n’en citer que quatre), du nombre de tons à celui des voyelles, en passant par les aléas plus ou moins drolatiques rencontrés sur le terrain par les linguistes.
Entre (im)précis de linguistique, poésie lettriste, humour khâgneux et rêverie sur les noms propres, l’ouvrage de Jean-Pierre Minaudier distille un enthousiasme contagieux.

Chloé Brendlé

Poésie du gérondif
Jean-Pierre Minaudier
Le Tripode, 158 pages, 14,70

Le Matricule des Anges n°153 , mai 2014.
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