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Entretiens Homme-orchestre

mai 2014 | Le Matricule des Anges n°153 | par Dominique Aussenac

Dans un monde aussi mondialisé que re-féodalisé, l’Italien Ascanio Celestini porte la parole cynique, grotesque, aveuglante des puissants. Parution de Discours à la Nation.

Pourquoi un tel revirement ? Jusqu’à présent le natif de Rome, à la barbe singulière, acteur, cinéaste, dramaturge, écrivain s’évertuait à faire parler les déshérités. Ainsi Radio Clandestine (Espace 34, 2004) évoquait les massacres des osses ardéatines à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le roman La Brebis galeuse (Le Sonneur, 2010) qu’il a également adapté au cinéma présentait l’envers des rutilantes années soixante. Montrant la perte de l’identité, l’angoisse, la folie derrière la frénésie de consommation. Lutte des classes (Noir sur blanc, 2013) décortiquait les conflits sociaux, la crise économique, les collusions de la droite, de la gauche, des syndicats à travers les tribulations des colocataires d’un immeuble qui finira par exploser.
Né en 1972, Celestini fait partie de la deuxième génération du théâtre-récit ou théâtre de narration cher à Dario Fo. Avec Discours à la Nation, à la manière d’un Pierre Desproges, il enchaîne une multitude de saynètes dans lesquelles des êtres monstrueux, imbus d’eux-mêmes délivrent des discours racistes, nationalistes, élitistes, ultra-libéraux… Parmi eux, une multitude d’élus, de gouvernants qui s’adressent à nous d’une manière brute de décoffrage, sans vernis, sans précautions oratoires. Un parler vrai ! Celui des maîtres à leurs esclaves. Ainsi Tony-Maffioso interpelle Tony Corrompu sur sa faim de pouvoir, son côté anti-démocratique. Tel voleur de grain devenu patron du Cac 40 donne des leçons de réussite, voire de morale. Un tyran transforme la formule de Nicolas Sarkozy : « Ce n’est pas moi qui ai choisi la politique, c’est la politique qui m’a choisi. » en « Ce n’est pas vous qui me choisirez, c’est moi qui vous ai choisis. » Un homme ordinaire tire sur la foule, éliminant nègres, roms, sans-papiers, expliquant qu’il rend service à la Nation. Dans ce démontage en règle des discours dominants, Celestini insuffle une dimension terriblement burlesque. Un burlesque de camp de concentration. Au-dessus de ce champ d’abomination et de ruines, il se met à fredonner un chant pur, frais, poétique. Un chant de résurrection ? Un chant de révolution ?

Radio Clandestine paraît être un acte fondateur de votre écriture, de votre théâtre…
Avec Radio Clandestine, j’ai commencé à faire un travail sur la mémoire comme vision du monde qui sert à montrer les contradictions qui émergent de notre présent et de nos souvenirs. Raconter une guerre du passé signifie raconter une histoire dont on connaît la fin, mais l’apparente fluidité d’un récit cache souvent des obstacles. Ça m’intéresse de porter ces obstacles en littérature (comprenez écriture théâtrale, littéraire, cinématographique et musicale), ces nœuds que nous affrontons rarement. Les endroits où stagne la dialectique entre celui qui a le pouvoir et celui qui ne l’a pas, entre ceux qui restent d’un côté du manche du couteau et ceux qui ont la lame sur la gorge. La grande zone grise dont a souvent parlé Primo Levi.

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