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Dossier Olivia Rosenthal
Les formes du vivant

mars 2016 | Le Matricule des Anges n°171 | par Chloé Brendlé

De l’aplomb, il en faut à Olivia Rosenthal pour persévérer sans faille dans l’œuvre si libre et singulière qu’elle mène. À la croisée des genres (récits, performances, essai, fiction, théâtre), cette exploratrice de nos fantasmes a l’art de prendre le lecteur aux tripes et au cerveau.

Les rats de Paris sont nos amis. » Nous sommes plongés dans une demi-obscurité. Face à nous, sur la gauche, une main manipule un boîtier de fils électriques d’où sortent d’étonnants sons ; à droite, Olivia Rosenthal braque sa torche sur les feuilles qu’elle est en train de lire. Au fond, un vaste écran blanc entouré d’un cadre noir de tableau tout droit sorti d’un dessin animé permet de faire ressortir les silhouettes des deux compères, le musicien Eryck Abecassis et l’écrivaine. « Je veux aller là où je ne devrais pas aller, voir ce que je ne devrais pas voir, relater ce pour quoi les mots manquent. » déclarait l’auteure en 2014, dans le deuxième volume des Devenirs du roman, dirigé par le collectif Inculte. Dont acte. Direction les égouts de Paris. Combien de rats y trottent à notre insu ? À quelle vitesse se reproduisent-ils ? À quoi sont-ils utiles ? Nos amis sont-ils aussi utiles ? C’est avec une feinte précision et une vraie délectation qu’Olivia Rosenthal entreprend de chatouiller notre imagination. Une vingtaine de minutes plus tard, on sort un peu déboussolés de l’espace Khiasma, aux Lilas.
On ne guettera plus aussi passivement les rails du métro. Si l’on s’attarde encore un peu dans cette partie de l’est parisien, on ne passera plus indifféremment en tram devant l’École de Boucherie Professionnelle, et il y a fort à parier qu’on ne déambulera pas non plus en parfaite insouciance devant les animaux du zoo de Vincennes récemment réaménagé. Olivia Rosenthal touche des cordes sensibles qu’on ne pensait pas avoir. Vous pensez qu’elle est train de vous parler de dressage animalier et elle décortique consciencieusement vos affects. Vous pensez qu’elle vous dit apprivoisement, et vous vous mettez à entendre ensauvagement. Vous commenciez à vous apitoyer confortablement sur le personnage atteint de la maladie d’Alzheimer d’On n’est pas là pour disparaître, le livre qui l’a fait connaître à un large public en 2007, et vous vous faites incidemment prendre à partie au détour d’une page : « Faites un exercice. Quand vous êtes sûr que c’est la dernière fois que vous voyez quelqu’un, prononcez, non comme une injonction mais comme un constat, cette phrase dans votre tête : je ne le reverrai jamais. » Territoires d’animaux, hôpitaux, cinéma, prison, forêt, chantier, dans ses livres et dans ses performances, Olivia Rosenthal est toujours là où on ne l’attend pas. Ce qui donne l’air d’être une littérature « sur », comme un parc à thèmes ou un véhicule tout-terrain, s’avère en fait un chemin de traverse qui vous emporte à votre tour là où vous ne vouliez pas aller. Un peu comme un psychanalyste qui vous mettrait en garde à l’orée d’une thérapie non sans en éprouver un malin plaisir : avez-vous bien conscience qu’on va ouvrir des portes que vous n’avez peut-être pas envie d’ouvrir ?

« Tous ses livres ne parlent que d’apprentissage et d’affranchissement, de tension entre soi et le monde, de résistance au dressage et d’abandon à une...
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