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Domaine étranger La Grande Eau

mai 2016 | Le Matricule des Anges n°173 | par Didier Garcia

Prix Nocturne 2014 (récompensant un « ouvrage oublié, d’inspiration insolite ou fantastique »), La Grande Eau est un roman perturbant de l’écrivain macédonien Zivko Cingo (1935-1987). Il nous présente le cauchemar quotidien vécu par deux enfants (Lem et Isaac), au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un orphelinat qui a troqué son ancien nom de Villa de la paix pour celui de Clarté, mais qui évoque moins un foyer d’accueil qu’un univers carcéral. L’établissement se trouve en effet entouré de parois monstrueusement élevées qui privent les enfants de tout contact avec l’extérieur (« le mur était partout alentour, le mur recouvrait tout »). Par l’intermédiaire d’un trou, dans lequel ils installent non seulement leur regard mais tout leur être, les deux jeunes parviennent à voir ce qu’ils nomment « la Grande Eau », laquelle n’a de liquide que le nom, et qui incarne la liberté absolue. Tour à tour voix des mères ou rêve (la «  terrible maladie, la pire »), cette présence aussi désirée que crainte, car « énorme, libre », vit « dans le cœur de l’homme ».
Dans cette chronique de la vie à l’orphelinat, faite d’une écriture répétitive qui oppresse jusqu’à donner la nausée, chaque adulte apparaît sous les traits d’un personnage odieux, « atelier à produire la peur », et dont la seule véritable activité semble être d’« inventer à l’infini de nouvelles façons d’imposer des brimades ». L’orphelinat en devient le lieu d’une réclusion absolue. C’est le genre d’endroit où personne n’a le droit d’avoir « sa volonté, ses pensées », et où seul le fait de comprendre cela assure de moins souffrir. Autrement dit un mouroir où l’on enterre « impitoyablement l’enfance ».
Didier Garcia

LA GRANDE EAU
DE ZIVKO CINGO
Traduit du macédonien par Maria Bejanovska,
Le Nouvel Attila, 224 pages, 16
e

Le Matricule des Anges n°173 , mai 2016.
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