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Domaine étranger Séjour au Nevada

juillet 2016 | Le Matricule des Anges n°175 | par Dominique Aussenac

Dans Caravane vers le soleil, film américain de Russell Rouse sorti en 1959, des montagnards basques bondissaient de rocher en rocher, poussant des cris incroyables, se jetant sur des Indiens interloqués. Bernardo Atxaga entretient lui aussi un rapport particulier au Nouveau Monde. Terre d’émigration, d’exil pour échapper au franquisme, voir Le Fils de l’accordéoniste (Christian Bourgois, 2004). D’août 2007 à juin 2008, l’écrivain séjourne à Reno (Nevada) dans le cadre d’une résidence universitaire, avec sa femme et ses deux filles. Ce qui aurait pu n’être qu’un récit de voyage, prend la dimension, la puissance d’une épopée. Conteur hors-pair, à l’écriture ample, transformant les dialogues en polyphonie, très à l’aise dans les récits autobiographiques, il met en relation des événements éloignés dans l’espace et le temps, souvent incongrus, décalés, jamais futiles. Des faits divers, l’actualité immédiate côtoient le passé, présageant des futurs. À partir du raton laveur qui squatte le jardin, du détraqué sexuel qui viole et tue, en passant par la disparition de Steve Fossett, milliardaire aventurier dont l’avion s’est écrasé dans le désert, il dévoile avec un humour aussi caustique que ravageur, son anxiété d’homme, son inquiétude de père, sa mélancolie de fils. Évoquant tour à tour ses rêves, ses perceptions, son enfance, sa famille, son village natal, il s’intéresse à la diaspora basque du Nevada, ses bergers, ses poètes, son champion de boxe encensé aux States, vilipendé en Euskadi pour son soutien actif au franquisme. Le récit se termine avec l’enterrement de la mère, la réunion des trois frères, un repas de tripes et la résolution des petits mystères de Reno. Beaucoup de pudeur, de gros morceaux de vie et puis ce souffle singulier qui dit l’immensité d’une langue, d’un pays, d’un auteur.
Dominique Aussenac


SÉJOUR AU NEVADA
De BERNARDO ATXAGA
Traduit de l’espagnol par André Gabastou,
Christian Bourgois, 473 pages, 20
e

Le Matricule des Anges n°175 , juillet 2016.
LMDA PDF n°175
4.00 €