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Domaine français Le Bal des ardents

septembre 2016 | Le Matricule des Anges n°176 | par Franck Mannoni

Le Bal des ardents

Le 28 janvier 1393, le roi de France Charles VI assiste à une momerie, mais la fête s’achève tragiquement : un incendie provoque la mort de convives. Fabien Clouette reprend la thématique de ce bal des ardents et la transpose à l’époque contemporaine. Dans une ville portuaire, la population s’interroge. Le roi est-il vivant ? Les troupes sont-elles en marche vers la cité ? Angoissés, les habitants transgressent tous les codes lors d’un carnaval sanglant. Ils s’approprient les symboles du pouvoir pour les singer et les souiller. Certains sont « enduits de poix et de plumes pour qu’ils aient l’air d’animaux ». D’autres « jouent les chevaux des soldats au chef couvert de casseroles ». La foule s’abandonne au meurtre comme un exutoire. Un demi-corps momifié, tiré des marais, est même désigné nouveau roi du défilé. Cet épisode paroxystique ne doit pas faire oublier que Le Bal des ardents fait partie des romans de l’attente. L’inquiétude, l’importance des rumeurs y ont toute leur place. L’absurde aussi, comme ce deuil de quatre ans prévu en cas de décès de la tête couronnée, ou encore cet hymne chanté « en hoquet », une syllabe sur deux. Pour inventer ce monde étrange, Fabien Clouette a créé toute une géographie aux noms évocateurs. « L’Or de Bourgue », « les Surfaces », « la Colline-qui-bouge », apportent une touche de mystère. Un navire au mouillage, le Sans-Voix, intrigue tout autant. Il abrite d’insolites Guides qui ont fait vœu de silence. Cet univers foisonnant, à la fois cruel et poétique, imaginaire et politique pose beaucoup de questions sur le processus des soulèvements, sur la violence des foules, l’hystérie publique augmentée par l’isolement. «  Révolution  », le titre de chaque chapitre, rappelle autant un changement soudain qu’un éternel retour. Dans la lignée de son premier roman, Quelques rides (Lmda N°159), l’écrivain démontre, toujours grâce à un récit ciselé, que la littérature a une fonction noble, édifiante : être un « masque qui montre l’invisible ».

F. M.

LE BAL DES ARDENTS de Fabien Clouette
Éditions de l’Ogre, 208 pages, 18

Le Matricule des Anges n°176 , septembre 2016.
LMDA papier n°176
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