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Poésie Vertical

avril 2017 | Le Matricule des Anges n°182 | par Emmanuel Laugier

Rester vertical pourrait être le titre du projet d’écriture auquel se donne Jean-Claude Schneider rageusement depuis plus de cinquante ans. Et ce pour inscrire sur la surface du papier, presque vainement dirait-il, cette verticalité de l’homme qui marche et poursuit, malgré tout. Vertical reprend donc le dessein de ce « il », et dans les casses de sa graphie, dans le déploiement d’un poème rogné, désaxé, dégondé de sa syntaxe commune, le conduit malaisément vers on ne sait quelle lutte. Le voilà donc, « il » est sous le ciel gris ardoise, habitant jeté là, attenant à quels augures trompeurs, et à quelques mensonges que les mots, véritables mouches vrombissantes, rabâchent encore jusqu’à sa bouche… ? C’est l’une des questions que pose la poésie de Jean-Claude Schneider, celle du dévoiement du langage, du verbiage creux, de la manipulation qu’il suppose, et ce avec une violence et une fulgurance parente de celle de Jacques Dupin : qu’on entende, par exemple « l’empêchement de tout récit  », le sens qui vient l’engorger jusqu’à lui faire vomir son fatras, ce qui « s’ébroue / dans la mêlée où butine / la / mouche à chiens  », ou cette « processionne chenille / [qui]bave  », jusqu’à cet imprononçable : « le [ ] de pro(li)fération de / la h / imprononcée d’/ horreur  ». Car d’un « roncier enfoncé dans la gorge / tessons – / giclent langue ongles  », mais est-ce « d’homme encore que jouir / d’écouter s’égoutter là le temps ruisseau / de vie saignante  » ?
Expressionniste (il traduisit Georg Trakl), baroque presque, maltraitant la langue comme une argile de torrent, la poésie de Jean-Claude Schneider s’apparenterait volontiers aux vastes champs de plomb des tableaux du peintre allemand Anselm Kiefer, par la puissance des ellipses et l’évidence de sa rage rongée de douleur : « peuples nocturnement migrent – / convoi fin du ballast – / commence l’ / inarticulé  ». C’est que la « cassure / va hachée poémant l’âpre / et parle // mais / pas aux nébuleuses – », c’est le prix de la véritable littérature qui, on le sait, donne des leçons (Mandelstam).

E. L.

Vertical, de Jean-Claude Schneider
La Lettre volée, 144 pages, 19

Le Matricule des Anges n°182 , avril 2017.
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