La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Jacques Dupin
Pour ne rien dire

mai 2017 | Le Matricule des Anges n°183

Début 2007. On me propose de participer au volume d’hommages qui sera publié pour fêter le quatre-vingtième anniversaire de Jacques Dupin, ce 4 mars : 04.03. Cela me fait penser à L’Émerveillé merveilleux, le beau livre offert à Miró pour ses 80 ans, en 1973, auquel Dupin avait lui-même participé. Une belle rime. Alors je décide pour l’occasion de raconter une histoire. L’histoire du recueil de ses textes sur la poésie, qui doit précisément paraître en même temps que 04.03., et qui pour moi fait tellement sens. Je ne reprends pas le récit tel qu’il a été publié, mais seulement ce souvenir insistant, tellement, parmi tant d’autres : c’est un matin ensoleillé dans sa maison en Catalogne, toute proche de la frontière espagnole, toute pleine de sa proximité avec le grand peintre catalan, où il m’a invité pour discuter du choix et de l’ordre des textes de son ouvrage sur la poésie. Mon heure tardive de réveil l’impatiente : il est homme d’aube, et lui est venue cette idée dont il veut me faire part sans attendre. Une idée de titre, que lui ont suggérée quelques vers de Mallarmé entendus à la radio : M’introduire dans ton histoire. Tiens. Je n’y aurais pas pensé. Puis je songe que cela répondra aux mots de Rimbaud qui avaient donné son titre à Une apparence de soupirail, vingt-cinq ans plus tôt. Une belle rime, encore.
Quelques mois plus tard, un exemplaire de 04.03 lui est offert comme prévu à l’occasion de son anniversaire. Je me souviens de sa gêne lors de la soirée à laquelle participent la plupart des contributeurs : les honneurs et les célébrations aussi l’impatientent. Plus tard, il me parle de mon texte, de cette histoire que j’ai voulu raconter dans son livre d’anniversaire. Il n’a pas aimé. C’est dit sans détours – pas son genre, les euphémismes policés. C’est que mon texte n’est pas bon, je ne sais pas quoi lui répondre. On s’en doute, j’y ai beaucoup repensé. Et j’ai fini par me dire qu’il y avait peut-être autre chose dans son agacement que mes phrases mal faites. Que je l’avais enlisé dans l’anecdote, pris au piège de ma première personne, lui dont la poésie s’écrivait pour dire le « je trahi, chassé, reconduit à la frontière, absorbé par le récit, ou dissous dans son espace…  » Lui qui écrivait pour s’échapper. Après tout, ce volume d’hommages, il ne pouvait feindre d’y être célébré, pris dans le bronze « où se fige l’éternité des grands hommes  » – comme il l’écrit à propos de Miró – qu’en s’esquivant, en respirant ailleurs. Toujours cherchant le soupirail. Bref : mon texte était encore plus maladroit que mauvais. Avec quelle lourdeur j’avais cru pouvoir m’introduire dans son histoire.
Et pourtant. Feuilletant aujourd’hui M’introduire dans ton histoire, je relis sa merveilleuse évocation de Pierre Reverdy : « un seul poème taciturne et ombrageux, et le pas d’un homme qui marche seul et s’accroche à la vie  »… Et je me dis que c’est bien ce texte qu’il m’aurait fallu écrire, si je l’avais pu. Écrire cette personne-là, qui...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°183
6.50 €
LMDA PDF n°183
4.00 €