La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Jacques Dupin
Le verbe à cheval

mai 2017 | Le Matricule des Anges n°183 | par Emmanuel Laugier

La poétique de Jacques Dupin fut celle de la déflagration et des renversements de tous les corps, du lieu géographique où tout s’effondre en ravines et disparaît, jusqu’à remonter vers les forces les plus abstraites de la psyché. Ses livres s’ouvrent autant à l’affirmation d’une douleur sans nom qu’à la puissance de la vie et à sa douceur lointaine.

Né à Privas (Ardèche) le 4 mars 1927 et disparu le 27 octobre 2012, Jacques Dupin offrit durant plus de soixante ans, par des livres rares et intenses, la traversée d’expériences âpres. Son écriture ne cessa, depuis Cendrier du voyage (1950), que préfaça René Char, de chercher l’embardée la plus violente, la commotion, le bond pugnace, la salve putassière du désœuvrement. Inséparables sont dans ses livres, la violence et la douceur, le réfractaire et la simplicité, ainsi que le montrent ses ultimes poèmes que donne à lire aujourd’hui le volume posthume Discorde. Ils valent comme de véritables documents, peut-être Jacques Dupin les aurait-il jetés au feu, mais les voilà, puissants et reconnaissables, balises clignotantes de la venue opiniâtre du poème à lui-même. Si l’on compte plus d’une vingtaine de livres de poésie, sans y ajouter ses essais sur l’art et les peintres, qui furent une partie essentielle de son activité, d’abord comme responsable des éditions Maeght (de 1956 à 1981), puis comme cofondateur de la Galerie Lelong, la dénomination d’œuvre lui convient mal. Tout ce que charrie son écriture, jusqu’à parfois glacer, fut remis constamment en question. La lire, c’est être ainsi face à ce qui, en nous, s’accepte le moins. À chaque plongée dans ses ouvrages, une page, deux mots isolés en elle, un quatrain, peuvent exploser comme une grenade. Cette concaténation, interne à sa démarche, rappelle autant à nous la position de l’animal aux aguets, un singe par exemple, ou cette nuée de mouches qui, imperturbable, acharnée, se colle au coin de l’œil jusqu’à troubler la vue et l’infecter…
Les livres de Jacques Dupin n’assagissent donc pas. Voilà ce que fait son vocabulaire, toujours contradictoire, paroxystique, à tout lecteur qui y plonge ses yeux : s’il ne le cloue pas à sa propre stupeur, il le rend à la défiguration du langage et à la stupeur du surgissement de la phrase. Écoutons cela, extrait de De singes et de mouches, qui, lu en public à sa parution, pétrifia son auditoire : « Et ce treize de septembre/de l’année quatre-vingt trois//le jeu de l’anus et de la langue/d’un singe écarté de moi//se réfracte se prolonge/par l’ambre fumé/de ton silence de mouche  ».
On retrouvera cette sauvagerie dans ses textes sur les peintres (De Staël, Miró, Giacometti, Tàpies, etc.). Ils n’hésitent pas à nommer la rage interne à leur processus, la pulsion sexuelle de telle forme, l’endurance du retour du peintre à une tête (Giacometti), celle de ne peindre que le rougeoiement du corps féminin (Claude Garache). Entendons-le encore lorsque, en hommage à Bram Van Velde, il précise ne rien dire de sa peinture, sinon laisser être au sein de ses mots « cette coulée gliss(ée) sur une autre coulée de couleur » : « Je ne décris pas, écrit-il, je rapporte l’enveloppement de ce bleu, la lapidation de ce jaune, la balafre de cette garance, cette intensité que soutiennent, que favorisent, le tremblement d’une structure hallucinée, et les pulsations du...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°183
6.50 €
LMDA PDF n°183
4.00 €