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Dossier Jacques Dupin
Dernier démantèlement

mai 2017 | Le Matricule des Anges n°183 | par Emmanuel Laugier

Discorde, premier et dernier livre posthume de Jacques Dupin, rassemble ses quinze dernières années de poésie. Sa rage est intacte.

Commençons par la citation qui ouvre son autoportrait (Amuse-gueule, 2003) : « Si on écrit après, après c’est tout sauf ça  ». Les mots sont d’Henri Michaux. Ils dessinent le leitmotiv profond qui conduisit Dupin à toujours s’interdire d’écrire dans l’« après ». Mais après quoi ? C’est justement l’unique et seule question qu’il donna à l’horizon d’un barrage que sa vie s’employa à démanteler à coups de barre à mine, d’outils venus des casseurs de pierres, rafistolés par des bagnards et des pauvres hères. Des outils aux tacts infimes, à la musique rauque et claire, traçant des lignes dont les linéaments s’enfoncent autant dans le sol antique des présocratiques que dans celui de l’écran plat contemporain. Discorde n’échappe pas à la règle, bien que cet ultime livre, qui s’ouvre sur une lettre passionnée (1948) adressée à René Char, suit un ordre chronologique de parution que l’auteur aurait peut-être bouleversé. Ainsi dessine-t-il un corpus projeté, mais qui respecte néanmoins les états de publication (en revue, en tirage limité) qui s’échelonnèrent sur les quinze dernières années, si l’on excepte la reprise de Cendrier du voyage (1950), ainsi que de poèmes parus (de 1949 à 78) en revue ou adressés, mais jamais repris par l’auteur lui-même de son vivant. Il faut préciser que Jacques Dupin, qui ne cessait de trouver dans les revues les occasions de tester la solitude de ses poèmes, était coutumier du collage ou du montage : un tercet, un quatrain, un seul vers, une infime variation entre trois mots, se retrouvent parfois insérés dans une autre séquence de poème. Façon de l’endurer, mais surtout de travailler sur la force de ses variations, de traquer la pugnacité de ses coups ici et là revenus dessiner ses propres entailles.
Dans La nuit se découvre (2012), il écrit que « dans cet envers de la mort/où je respire, et gronde//bondis chamane la chèvre/derrière les lauriers rouges//le grain de la douleur/bifurque/à main gauche s’évade//se dissout dans la forêt/où commencent/ le tout et le rien  ». C’est son pari, le bond de l’idiotie revenu au geste inédit d’armer la culasse, entre le tout à perdre et le rien à gagner, le bloc du dedans fracassé, le dehors rayonne jusqu’à aveugler. Le poème de Dupin, c’est Orion aveugle cherchant le soleil, la connaissance par les gouffres, mêlé à l’inédit du devenir. Le vieux non dum latin, le rien encore, est toujours misé par un devant être qui interdit l’après-coup. Les ultimes poèmes donnés, arrachés au mutisme grâce à la complicité épistolaire et amicale de Francis Cohen, en sont les traces clignotantes reconnaissables, un autoportrait tacite, à l’exemple de ces vers bouleversants : « Récit de rêve à la dérive, et/son adéquation à la dérive du/ politique et de l’institution. Ta/robe violet de cobalt, ta culotte noir/d’ivoire, je les tords, j’y fais des/nœuds pour m’y pendre  ».

E. L.

Discorde, de Jacques Dupin
Édition établie par Jean Frémon, Nicolas Pesquès et Dominique...

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