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Entretiens Terres humaines

octobre 2017 | Le Matricule des Anges n°187 | par Thierry Cecille

Azad Ziya Eren témoigne de son expérience d’instituteur dans un village kurde voisin de la Syrie – avec l’énergie du désespoir et la poésie de l’enfance.

Instituteur de campagne en Anatolie

Notre présent nous confronte encore à cette question taraudante : de qui sommes-nous les contemporains  ? Que savons-nous, en vérité, d’existences totalement autres qui se déroulent en même temps que les nôtres ? Même dans un pays occidentalisé, mondialisé, comme la Turquie, un pas de côté suffit : à quelques centaines de kilomètres des côtes méditerranéennes si touristiques, des villages du Kurdistan (naguère le terme même était banni dans le pays, il ne pouvait être prononcé, encore moins écrit) vivent dans un autre temps, une autre Histoire peut-être. Entre ces deux magnifiques cités millénaires (il y a peu de nouveau assiégées, détruites) que sont Mardin et Diyarbakır, sur la route de Damas (encore une autre ville martyre), Azad Ziya Eren découvre Sakızköy, hameau isolé et comme oublié, relégué, où il va tenter d’être l’instituteur, le maître (ogretmen), à la fois admiré et soupçonné, l’étranger venu de la ville.
Parues en 2004 sous le titre modeste de Journal de Sakızköy, ces pages réveillèrent sans doute en Turquie le souvenir d’un autre récit, celui de Mahmut Makal qui, en son temps, à la fin des années 50, avait connu un grand retentissement. Traduit en France, chez Plon, dans la célèbre collection « Terre humaine », sous le titre Un village anatolien, il décrivait la misère et la résistance à la misère des paysans, mais aussi leurs rites et traditions, leur rapport à la nature et à l’imaginaire. Pour Eren également, il s’agit de pénétrer un monde autre, de l’approcher au moins, de le deviner, de s’en effrayer aussi parfois. Cette découverte se fait au quotidien, en même temps qu’il faut enseigner, apporter aux enfants le savoir, les libérer peut-être un peu des servitudes qui les enferment. Ce sont donc naturellement les enfants qui occupent ici la plus grande place, et les photographies d’Eren nous montrent leurs sourires éclatants, l’innocence aussi des regards vifs. Dans cette salle de classe où règnent souvent l’humidité et le froid, l’instituteur doit se battre contre le mutisme et la fatigue des enfants – quand leurs parents du moins les laissent aller à l’école, « car ce sont eux qui sont au cul des vaches pour récolter leurs bouses  »… Leur langue est mutilée, leur attention intermittente, mais Eren leur fait découvrir la poésie et – exploit merveilleux – parvient à les emmener visiter Diyarbakır et ses musées… Au dehors, ce sont les paysages montagneux, magnifiques mais rudes, l’hiver qui s’installe rapidement et durablement : « sur ces terres glaciales cernées de montagnes, la peur rôde dans les nuits de neige  ». Les loups qui s’approchent parfois dangereusement du village – et que les paysans pourchassent avant de les pendre aux poteaux. Eren évoque aussi sa solitude, sa chambre où il se réfugie avec, sur le mur, les photographies des écrivains qui veillent sur lui (aux côtés d’auteurs turcs, Beckett ou Barthes) et que, çà et là, il cite avec une grande justesse. Il est confronté à la suspicion des villageois :...

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