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Essais Les Chiffonniers de Paris d’Antoine Compagnon

novembre 2017 | Le Matricule des Anges n°188 | par Thierry Guinhut

Les Chiffonniers de Paris

Peaux de lapins ! » criait-on sur le boulevard en haut du jardin du modeste auteur de ces lignes, dans les années 60. C’était un de ces chiffonniers et récupérateurs de bric et de broc qu’Antoine Compagnon rassemble en son étonnant, terrible parfois, Les Chiffonniers de Paris. Il reproduit une gravure de 1820, par Carle Vernet, montrant « le marchand de peaux de lapins », l’un de ces gueux payés au poids, du papier sale à la toile de fil, qu’ils soient voleurs, « philosophes du ruisseau » ou indicateurs de police.
L’essai est d’un historien, d’un sociologue. Il est le portrait d’une ville, « capitale du XIXe siècle », selon Walter Benjamin, et d’une profession nombreuse, miséreuse, méprisée, mais souverainement utile à l’économie, préfigurant le recyclage, car du chiffon l’on faisait ce papier qui permet l’esprit des bibliothèques. Il va des Tableaux de Paris de Louis-Sébastien Mercier, en 1781, au décret du préfet Poubelle, en 1883, qui acheva la dispersion du déchet. En l’absence du moderne tout-à-l’égout, l’on croise les charrois d’excréments humains et chevalins ; le « tombereau de boue » côtoie « le diable chiffonnier ». Car Le Diable à Paris et Les Français par eux-mêmes furent de ces feuilletons qui inondèrent le siècle de leurs papiers tombés de la hotte de Flammèche, recensant les collaborateurs. Hugo assimile le chiffonnier à Satan qui ramasse les âmes « dans les tas d’ordures ».
Outre les tableaux d’une richissime iconographie, les gravures de Daumier ou Gavarni, les littérateurs offrent leurs témoignages : journalistes, chansonniers, poètes. Baudelaire tient une place récurrente avec sa « charogne », ses « petites vieilles », sa « voirie » dans « Le Cygne ». Aux Fleurs du mal et au Spleen de Paris, il est en « écumeur des lettres » un chiffonnier qui ramasse tout ce qui traîne, toute cette boue dont il fait de l’or.

Thierry Guinhut

Gallimard, « Bibliothèque illustrée des Histoires », 512 pages, 32

Les Chiffonniers de Paris d’Antoine Compagnon Par Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°188 , novembre 2017.
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