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Domaine français Voix d’ange

juin 2018 | Le Matricule des Anges n°194 | par Anthony Dufraisse

Rouge encor du baiser de la reine

Signé Anne Karen, Rochelaise d’origine née en 1970 et vivant à Bruxelles, voilà un premier roman pour le moins original, sur le fond aussi bien que sur la forme. Fond : « Sexe, pouvoir et trahison. C’est Game of Thrones dans la Byzance du XIe siècle », résume astucieusement l’éditeur. Forme : une correspondance à sens unique écrite sous la plume du dénommé Nicétas, nain eunuque dont les missives enflammées sont adressées, sans signe de sa part, à Michel Psellos, un lettré en disgrâce occupant le même monastère que lui. « Moine bouffon », « ange bancal qu’illumine de l’intérieur une minuscule luciole harassée, haletante », « moi le plus petit des petits », l’auteur miniature de ces parchemins n’aura de cesse de raconter les noires arcanes du pouvoir et de raviver les couleurs des amours tumultueuses de l’impératrice Zoé Porphyrogenète. Fonctionnant comme un « manège à images », véritable « théâtre d’ombres » et de « fantômes du passé », ces lettres font de l’intrigant Nicétas, toute sa vie biberonné du lait aigre-doux de la courtisanerie, un mémorialiste flamboyant, un conteur hors pair et aussi, peut-être, un habile affabulateur. Avec son titre emprunté à l’un des poèmes les plus célèbres de Nerval, Rouge encor du baiser de la reine est à la fois une confession (« mes blessures, mes faiblesses, mes fautes, mes méfaits »), le vrai-faux témoignage d’un observateur des puissants et un exercice de style assez remarquable. Anne Karen, pour sûr, est parvenue dans ce premier roman à faire cohabiter l’autoportrait d’un personnage sulfureux et la fresque historique, le tout porté par une langue richement ornementée. En fallait-il, et de l’inspiration et du tempérament, pour tenir – et d’évidence réussir – pareil pari romanesque.
Anthony Dufraisse

Rouge encor du baiser de la reine, d’Anne Karen, Quidam, 121 p., 14

Voix d’ange Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°194 , juin 2018.
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