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Domaine étranger Le Sarcophage

juillet 2018 | Le Matricule des Anges n°195 | par Éric Dussert

Auteur remarquable du siècle dernier, Yorgos Ioannou était une sorte d’ange mélancolique. Il est né en 1927, il est mort en 1985, soit une vie assez courte occupée par la guerre, l’occupation nazie, le fascisme ambiant et toutes sortes de difficultés personnelles. Son recueil de nouvelles – qui sont en même temps des fictions et des fragments d’autobiographie, des réflexions sur la vie et des panoramas de la Grèce moderne et de ses citoyens – avait été remarqué lors de sa première parution en 1992 chez Climats, puis il avait malheureusement disparu des rayonnages malgré son extrême qualité. Inévitablement le ton d’Ioannou, souvent auto-ironique, toujours à fleur de peau, entraîne une forte empathie pour cet homme à part, subtil artiste et homosexuel secret, une caractéristique qu’il ne peut empêcher de faire entendre entre les lignes.
Ses récits prennent naissance à Thessalonique, la ville-muse à laquelle il dit son attachement en publiant ces nouvelles à l’âge de 44 ans, alors qu’il était à peu près inconnu. L’hommage est ambivalent car la ville qu’il aime est aussi celle qui l’étouffe. On le comprend en surprenant les amoureux qui se cachent au cœur d’un parc municipal dans ce fameux sarcophage antique pour faire l’amour. Mais Thessalonique a aussi ses fantômes qui jouent sur l’esprit du tendre d’Ioannou. « Soudain, en cet après-midi du mois d’août, on entendit des cris affreux venant de la grande maison d’en face. Tout le monde accourut aux portes et aux fenêtres. Pour nous, les enfants, ce fut l’occasion de nous glisser aussitôt dans le jardin aux mûriers. L’époux de la jeune mariée s’en alla en courant, tout pâle ». Mais Ioannou est là, vigie des âmes qui déclare « Mais moi, sans m’en rendre compte, je ne cesse de hanter ces lieux. »
La seule volonté de son traducteur nous a ramené Le Sarcophage, et à un prix très décent. C’est une aubaine qu’il serait sot de laisser échapper.

Éric Dussert

Le Sarcophage de Yorgos Ioannou
Traduit du grec par M. Barbe, N. Bertin et M.Volkovitch,
Le Miel des anges, 156 p., 12

Le Matricule des Anges n°195 , juillet 2018.
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