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Domaine étranger Jacqui s’en foutait

juillet 2018 | Le Matricule des Anges n°195 | par Martine Laval

L’amour ? C’est un risque « comme les rages de dents, les hémorroïdes, ou les accidents de la circulation.  » Le sexe ? C’est un truc implacable, d’ailleurs « si les hommes obéissaient à leur cerveau, plutôt qu’à leurs testicules, ils ne se marieraient jamais ». La femme (celle-ci ou une autre…) ? « Elle passera sa vie à torcher des derrières et à faire la vaisselle », et un peu plus loin, « elle sera aussi raffinée qu’une huile de vidange, mais ce sera une VRAIE femme ». L’homme (en l’occurrence le narrateur), lui, sait tout, a tout compris, du sexe, de l’amour, de la vie. La preuve ? Il tue son amoureuse, la fantasque Jacqui, et le bébé qu’elle porte par la même occasion. C’est la seule solution, le seul remède. Sinon, où va-t-on ?
Jacqui (le roman) est un catalogue genre La Redoute (ou Manufrance pour les nostalgiques) d’une ribambelle de clichés – d’horreurs – enfilés les uns derrière les autres sur la gent féminine, en gros de la pute à la mère, et l’on reste pourtant scotché à la logorrhée de l’auteur, Peter Loughran. C’est qu’ici tout est question de tonus, de rythme, d’humour si noir qu’il frôle le désespoir, le désamour, la solitude. Écrit au début des années 80, ce joyau sardonique doit se lire au second degré (et même davantage) quand la fiction flirte avec l’histoire, l’analyse sociologique. Le narrateur-tueur est un déglingué (comme le Zombi de Joyce Carol Oates), n’empêche, il a l’intelligence pointue. Il lit Servitude humaine et trouve en Somerset Maugham un frère – même rage, même dégoût.
De Peter Loughran, on ne sait rien, sinon qu’il a écrit un « livre culte », Londres Express, publié par le Marcel Duhamel de la Série noire en 1967, sinon aussi que Manchette le qualifiait de « dingue ». Dingue, c’est toujours très tendance !

Martine Laval

Jacqui, de Peter Loughran
Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gratias, Tusitala, 248 pages, 20

Jacqui s’en foutait Par Martine Laval
Le Matricule des Anges n°195 , juillet 2018.
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