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Domaine français En pays kanak

octobre 2018 | Le Matricule des Anges n°197 | par Anthony Dufraisse

À travers le portrait de l’indépendantiste Alphonse Dianou, Joseph Andras retrace un épisode sanglant de l’histoire récente de la Nouvelle-Calédonie.

Alors que paraît simultanément en poche De nos frères blessés, son premier roman très remarqué paru en 2016, Joseph Andras signe cette fois Kanaky, le récit d’une enquête de plusieurs années « sur les traces d’Alphonse Dianou », là-bas, à 17 000 km de la métropole, en Nouvelle-Calédonie. « Beaucoup parlent d’Alphonse mais ne le connaissent pas », confiera Hélène, la femme de ce militant indépendantiste non-violent qui fut pourtant, sur l’atoll d’Ouvéa, le meneur d’une prise d’otages qui dura dix jours avant de dégénérer. C’était en avril 1988, à l’approche de l’élection présidentielle (Mitterrand face à Chirac) et, ironie politique du sort, c’est à quelques semaines d’une consultation référendaire que paraît ce livre. Tandis que se profile, le 4 novembre prochain, le référendum pour l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, Joseph Andras apparaît ici comme le « couteau bavard » qui asticote une plaie encore vive. Sur cette terre lointaine, « l’Histoire gratte encore ses croûtes », constate-t-il, lui qui cherche à faire le portrait du leader indépendantiste engagé au sein du Front de libération nationale kanak et socialiste mais qui cherche aussi – et c’est l’aspect du livre qui probablement fera polémique pour certains – à faire toute la lumière sur les circonstances, pour le moins troubles, de la mort de Dianou à l’issue de l’assaut qui fut donné par les militaires dans la grotte où avait lieu la prise d’otages.
« Comprendre qui était Alphonse Dianou, par-delà la prise d’otages suffisamment documentée, et saisir ce qui le mit en mouvement ; raconter à travers la trajectoire d’un individu une lutte collective aux racines fort anciennes ; donner la parole à celles et ceux que cette histoire implique en premier lieu et n’être qu’une courroie, narrateur assemblant comme il le peut les morceaux vivants et disparus ; resserrer, ne serait-ce que d’un fil, les mémoires de nos deux terres, leur Kanaky blessée et ma France oublieuse » : tel est donc le projet d’Andras dans ce livre en forme de « récit à voix multiples, une quête plus qu’une enquête, un carnet biographique liant les époques et les vues ». Et de fait, Andras ne ménage pas ses efforts pour confronter les points de vue et recontextualiser faits et gestes de la période. Entre 2015 et 2018, infatigablement, il questionne l’entourage de celui qu’on présenta souvent comme un Che Guevara-Gandhi, rencontre les officiels de l’époque, épluche des documents, certains inédits, ce qui l’amène à parcourir ces terres-confettis de l’empire français. Journaliste, historien, poète aussi par moments, Joseph Andras est un peu tout cela à la fois pour tenter d’approcher au plus près l’histoire contradictoire d’un homme et se glisser dans la coulisse de ce que l’on finira par appeler pudiquement « les événements ». Si on a préféré son premier livre consacré à l’ouvrier pied-noir Fernand Iveton, celui-là, par son approche synoptique, (r)ouvre en tout cas les yeux sur un chapitre sanglant de l’histoire de l’archipel, que le référendum à venir fermera… peut-être.

Anthony Dufraisse

Kanaky. Sur les traces d’Alphonse
Dianou,
de Joseph Andras
Actes Sud, 304 pages, 21

En pays kanak Par Anthony Dufraisse
Le Matricule des Anges n°197 , octobre 2018.
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