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Domaine français Le Grand Art

octobre 2018 | Le Matricule des Anges n°197 | par Éric Dussert

Dans la longue série des romans sur la vie d’artistes qui ont fait florès tout au long des deux derniers siècles, il nous en manquait un. Et pour cause, il n’avait pas paru. Rédigé par Alexandra David-Neel, ex-chanteuse de tournées provinciales et coloniales et future exploratrice de l’Asie, il avait connu la destinée des enfants mal nés dont les éditeurs n’ont jamais voulu. Sur le modèle du Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau, le diaire étant propice à l’évocation publique de préoccupations intimes, Alexandra David-Neel avait raconté sa vie d’artiste, et dans un mouvement militant – elle écrivait dans la Fronde de la féministe Marguerite Durand –, son lot d’avanies, de difficultés et de pressions mâles.
Elle avait d’ailleurs abandonné l’idée de publier son livre, expliquant à son mari dans une lettre du 29 janvier 1929 : « Je ne crois pas qu’il y ait la possibilité d’en tirer quelque chose. Ils manquent d’action, les personnages discourent trop. Aujourd’hui, les romans doivent être quelque peu cinématographiques. » Sa grande lucidité ne lui cacha pas toutefois les qualités de son livre : « j’ai trouvé quelques bonnes pages dans la masse. » De fait, l’anecdote riche est au cœur de son dispositif narratif qui multiple les scènes prises sur le vif – et on devine ce qu’elles ont de vécu… « Le moment était venu, mais je ne retrouvai plus rien de l’exaltation passée. Ce gros homme ventru, à la face rouge et bouffie, ne m’inspirait plus aucune colère. Aucune des belles phrases vengeresses dont je me délectais, dans l’affreuse chambre bleue, ne me venait aux lèvres… »
Roman d’une formation, Le Grand Art a le double intérêt de nous raconter une période méconnue de la vie de l’exploratrice qui a la réputation d’avoir pénétré la mystérieuse Lhassa et d’exprimer ce qu’était la vie des artistes lyriques et dramatiques dans un monde d’hommes prédateurs. Alexandra David-Neel, elle aussi…

Éric Dussert

Le Grand Art d’Alexandra David-Neel
Postface de Samuel Thévoz, Le Tripode, 380 pages, 23

Le Matricule des Anges n°197 , octobre 2018.
LMDA papier n°197
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