La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Histoire littéraire Tout le confort moderne

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Yann Fastier

En 1963, mandaté par Flammarion, Marc Bernard emménage à Sarcelles pour un reportage en immersion dans ce qu’il est alors convenu d’appeler « le Grand ensemble ». L’éditeur attend un pamphlet : il en sera pour ses frais. Car s’il se méfie a priori de tout ce qui « de près ou de loin sent le tas », l’écrivain ne se sent curieusement pas mal du tout dans ce prototype de ville nouvelle dont les appartements, vastes, aérés, lumineux, commodes, sont un véritable enchantement pour les habitants, d’origine modeste pour la plupart et souvent issus de taudis dont Marc Bernard lui-même a connu son lot. Aussi prend-il le contre-pied des nombreux reportages de l’époque, dénonçant la « sarcellite » et la soi-disant déshumanisation qui en résulte. Sarcelles est humaine et ne préfigure en rien les véritables ghettos que deviendront bientôt les « quartiers ». Portés par une ambition presque utopiste, les promoteurs et architectes de la ville nouvelle entendent apporter une solution durable à la grave crise du logement que traverse alors la France. C’est avec une bienveillance amusée que Marc Bernard se fait l’écho des différents aspects de ce volontarisme social, où rien ne doit manquer aux habitants, ni infrastructures ni commerces, ni médecins ni services sociaux, ni cinémas ni bibliothèques.
Frère en indulgence d’un Henri Calet, auquel on ne peut pas ne pas penser, Marc Bernard (1900-1983) fut de ces écrivains pas si rares, au fond, qui n’ont jamais le succès qu’ils méritent, malgré l’Interallié (1934), malgré le Goncourt (1942) et l’indéfectible soutien de la maison Gallimard. Par-delà l’intérêt sociologique et historique de cette réédition bienvenue, c’est d’abord un style que l’on retrouve toujours avec le même plaisir. Un style tout d’ironie tendre et qui, de petites touches en air de rien, vous en dit plus que n’importe quel épais rapport de l’Insee sur l’état de la France en ces Trente Glorieuses dont on ne voyait pas encore pointer le bout grisâtre.
Yann Fastier

Sarcellopolis, de Marc Bernard, Finitude, 196 pages, 17

Tout le confort moderne Par Yann Fastier
Le Matricule des Anges n°202 , avril 2019.
LMDA papier n°202
6.50 €
LMDA PDF n°202
4.00 €