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Dossier Littérature québécoise : la nouvelle génération
Dérives psychédéliques en Gaspésie

avril 2019 | Le Matricule des Anges n°202 | par Guillaume Contré

Le premier roman de Christophe Bernard est une œuvre monstre et délirante qui explore la langue de la Belle Province jusqu’à en faire exploser toutes les coutures. Saga familiale aux miroirs déformants, c’est une ode à la liberté narrative qui fait de l’humour un raccourci fulgurant vers la mélancolie.

L’arrivée sur les étals parfois congestionnés des librairies françaises, en une succession de tirs groupés, des titres les plus récents du catalogue de l’éditeur montréalais Le Quartanier, acteur essentiel depuis 2006 d’une scène littéraire dont le dynamisme et la richesse n’ont cessé de se renouveler, n’est pas un événement anodin. Nombre de ces titres méritent certainement qu’on leur fasse une bonne place sur nos tables de nouveautés. Dans les précédents numéros du Matricule avaient été évoqués tour à tour les cas de Stéphane Larue (pour son premier roman-fleuve Le Plongeur) et de David Turgeon (Simone au travail), auteur dont il conviendrait de signaler également la parution d’un essai passionnant (À propos du style de Genette). Ajoutons encore La Dévoration des fées, récit d’apprentissage halluciné de la poète Catherine Lalonde, où la langue est un outil magique et tranchant qui frappe et qui mord, car ne pas en faire mention serait une faute de goût qu’on ne se permettra pas.
Dans cet assaut en règle orchestré depuis l’autre côté de l’Atlantique, il est un pavé qui ne peut que faire déborder la vase contrite de notre marigot littéraire, un pavé sur lequel on viendra trébucher joyeusement : La Bête creuse, premier livre du Gaspésien Christophe Bernard. Fort de ses 720 pages bourrées à craquer, le roman de ce jeune auteur de 37 ans propose une vaste saga familiale qui tient autant de la comédie de mœurs que du roman picaresque, de la tentative joycienne d’épuisement de la langue orale que de la mécanique humoristique du slapstick, du portrait nostalgique d’une région québécoise en déshérence que de la réinvention de mythes réels et apocryphes, bref une créature tentaculaire qui, telle un tourbillon centrifuge, emporte tout sur son passage, lecteur compris, pour mieux le recracher hagard mais réjoui, perdu quelque part dans des étendues de neige poudreuse où les mirages ne cachent pas toujours les trains que l’on croit.
« Sacristi », s’inquiète un des personnages, « je me serais-ti égaré dans mes déambulations ? » Il y a certainement, dans ce récit en temps réel d’une journée qui se dédouble dans un passé familial duquel tout semble découler, une dynamique de l’égarement, comme un élastique qui se tendrait, se relâcherait, s’emmêlerait et retrouverait pourtant toujours un centre aussi fuyant que précis : le bourg fictif de La Frayère, derrière lequel on sera en droit de reconstituer les traits du village de Maria où est né notre auteur en 1982.
« Il aurait pas fallu que Monti Bouge déclare juste de même la guerre au service des postes. » Ainsi débute le récit, sur une inimitié entre deux personnages hauts en couleur, inimitié dont les conséquences se perpétueront au fil des générations. Un des petits-fils de Monti Bouge, François, pseudo-historien dont la rigueur scientifique est celle de qui erre comme égaré dans le mauvais corpus, décide un siècle plus tard de retourner depuis Montréal à son village natal, en portant...

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