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Domaine étranger Fanny et le mystère de la forêt en deuil

février 2020 | Le Matricule des Anges n°210 | par Anthony Dufraisse

Fanny et le mystère de la forêt en deuil

Rune Christiansen a traduit des poètes comme Alain Bosquet ou Edmond Jabès. Ici c’est une phrase de Pierre Michon qu’il a choisie pour épigraphe. C’est aussi – preuve en est au cours du récit la mention de Mouchette – un lecteur de Bernanos (ou un spectateur de Bresson). Et c’est encore en clin d’œil à l’actrice Fanny Ardant que l’héroïne se prénomme ainsi. Un fin connaisseur de la culture tricolore, donc, ce Norvégien né en 1963. Le titre de ce nouveau livre, son cinquième roman mais le premier traduit en français, évoque un conte. En quelque sorte c’en est un, qui tire vers le fantastique. Une parenthèse enchantée ? Pas vraiment, et même plutôt le contraire : l’histoire d’une tentative de réenchantement du monde. Le « Permettez-moi de vous raconter une histoire », qui amorce la narration, fait office de « Il était une fois ». Fanny, 17 ans, a perdu ses parents dans un accident de voiture. La maison familiale qu’elle occupe, seule, à l’orée de la forêt, sera le théâtre d’un long et pénible apprentissage. Celui de la mémoire douloureuse et du manque (« une carence qu’elle n’était pas en mesure d’éviter »), celui du deuil : « Si on éliminait le deuil, il ne restait rien dont elle puisse dire qu’elle l’avait créé ». Ce deuil est un seuil, une scène sur laquelle l’adolescente se tient dans un état de tension permanente. Tout entier sensitif, ce texte, lui, se tient en lisière du surnaturel, sondant une âme qui attend d’être sauvée, tirée du côté de la vie malgré tout – malgré l’absence des aimés, l’esseulement, la folie qui rôde. L’atmosphère de mystère qui entoure la jeune femme fait de Christiansen un fin tisseur de chrysalide. Sous la piqûre du réel, le cocon finira par craquer, comme se vide un abcès. Ce pus sorti, ce sera alors la paix de l’esprit, l’acceptation de ce que l’existence, en bien ou en mal, charrie. Fable de la reconstruction et de la délivrance, ce texte a quelque chose de presque cabalistique : on déchiffre les signes de vie là même où la mort croit régner sans partage.

Anthony Dufraisse

Fanny et le mystère de la forêt en deuil
Rune Christiansen
Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier,
Noir sur blanc, 240 pages, 19

Le Matricule des Anges n°210 , février 2020.
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