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Entretiens Panoramicmac

février 2021 | Le Matricule des Anges n°220

Quand Nicole Caligaris raconte notre monde saturé de frustrations et d’escroqueries, la fantaisie de sa langue parvient à faire chanter un roman.

On trouve tout à la Samaritaine », clamait le grand magasin au début du siècle vingtième, mais on trouve encore pas mal de choses dans le nouveau roman de Nicole Caligaris, Carnivale. On se doutait que la romancière ne décevrait pas lorsqu’il serait question de tisser un récit en emmêlant les vocables pour les faire chanter. Dans son livre vif où tout semble en mouvement tout le temps, ou presque, au rythme d’une phrase élastique et nerveuse, la quête sans fin d’un commis-voyageur au bout du rouleau, les allées et venues des trois membres d’un groupe de rock puiné qui produisent du gros son avec des copies de guitare Vox, celle qu’utilisait Brian Jones – le Rolling Stones noyé en piscine – un Proc’, un manager, la fille Spada, le pyramidal escroc Ponzi et pas mal d’autres tournicotent dans un terrible état d’excitation, tendus, tous, vers leur désir, les empêchements et leurs bornes, ou un coup de cutter… Difficile d’énumérer les péripéties de ce festival qui rappellerait presque L’Affreux Pastis de la rue des Merles de l’Italien Carlo Emilio Gadda (des épisodes épatants narrés dans une langue impayable).
Déclinant sans l’air d’y toucher les arcanes de l’arnaque financière et des esclavages modernes, Nicole Caligaris établit une fable dans un monde coloré, varié et riche mais terriblement infructueux et frustrant au-delà de la première satisfaction de désirs simples. Produits manufacturés anciens si ce n’est périmés, personnages déclassés ou subclaquants, le miteux de l’existence se déploie en lieu et place des feux d’artifice prévus pour charmer la jolie fille Spada. Soit… Une anthropologie du désastre du monde où nous vivons invalide les romances dont nous rêvons. Voici les « Imbattables Léopards » qui pointent « leur museau tordu entre les jambes de la malchance ». Moteur.

On se déplace beaucoup, et dès les premières pages, dans votre roman. En période de confinements à répétition, faudrait-il y voir une menée subversive ?
Dans un film de Monte Hellman, que j’admire, Macadam à deux voies, un film de 1971, il y a cette structure géniale : le film concerne les courses automobiles, se passe dans le milieu des passionnés de course automobile, c’est une traversée des États-Unis pour rejoindre un circuit et une course, mais il n’y a pratiquement pas de scène de mouvement dans ce film, chaque séquence est un arrêt, une séquence d’immobilité. Extraordinaire, un film sur la course où tout se passe à l’arrêt. C’est la même chose dans Carnivale  : il y est tout le temps question de routes, de véhicules, de voyage permanent, mais tout se passe toujours à l’arrêt, ce qui ferait plutôt du livre une prémonition de l’enfermement auquel nous astreint notre contexte d’épidémie mais qui était déjà notre condition depuis pas mal d’années, parce que tous ces déplacements incessants, qu’ils soient de petite ou de grande envergure, finissent par nous enfermer, dans l’espace, que nos moyens de circulation rendent aussi abstrait que...

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