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Histoire littéraire Une femme, de Sibilla Aleramo

juin 2021 | Le Matricule des Anges n°224 | par Éric Dussert

Sibilla Aleramo est en Italie le symbole de l’émancipation féminine et son livre de 1906, Une femme, d’abord traduit par Pierre-Paul Plan, le spécialiste de Rabelais, pour le compte de Calmann-Lévy (1908), n’a guère d’équivalent chez nous. Cette militante, esthète et femme moderne y décrivait la première de ses quatre vies. Puisqu’elle déclarait, à l’aube de son crépuscule, avoir déjà vécu trois vies. La première était celle d’une jeune femme de bonne famille, mariée en toute inconscience à un homme peu digne d’elle, et mère d’un fils qu’elle devra pour parvenir à se séparer du père fatalement abandonner – la loi italienne donnait toute emprise au mari tyrannique. Sa deuxième vie était celle d’une activiste du milieu féministe, quant à la troisième, elle la consacra à mettre sur le papier ce que ses expériences vécues lui avaient enseigné. (Sa quatrième vie, plus intime, naîtra de son amour avec le jeune poète Franco Matacotta).
Giangiacomo Feltrinelli, le patron des éditions du même nom, eut le nez creux en se procurant ses écrits en échange d’une rente. Des inédits paraîtront jusqu’en 1979 (Un amour insolite après le Journal d’une femme de 1978) relatant sa vie très riche, elle qui aura croisé la route des futuristes et d’Apollinaire, participé à la création du Parti communiste italien, et souffert du qu’en-dira-t-on. Lesbienne, amoureuse à répétition, souvent considérée comme une femme scandaleuse, la brillante Sibilla aura, on le découvre dans Une femme, souffert du statut des femmes. L’Italie de son temps leur laissait le droit de souffrir et de se taire, ce qu’elle n’accepta pas, au prix intolérable du sacrifice de sa maternité. « Pourquoi adorons-nous dans la maternité le sacrifice ? D’où vient cette inhumaine conception de l’immolation des mères ? De mère en fille depuis des siècles se transmet ce servage. Monstrueuse chaîne ! » Née en 1876 dans la ville piémontaise d’Alexandrie, Sibilla Aleramo est décédée en 1960 en laissant le souvenir d’un modèle d’indépendance et de dignité. Son livre est un classique.

Éric Dussert

Une femme
Sibilla Aleramo
Traduction collective de l’italien
Des femmes, 176 pages, 8

Une femme, de Sibilla Aleramo Par Éric Dussert
Le Matricule des Anges n°224 , juin 2021.
LMDA papier n°224
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