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Domaine français Bel abîme

septembre 2021 | Le Matricule des Anges n°226 | par Catherine Simon

Il y a du Crin-Blanc dans ce chiot, que recueille, une fin d’après-midi, en rentrant du collège, un gamin de 12 ans. La « maigre boule de poils beiges » vient de naître, elle a les yeux encore collés. Tellement minus qu’elle tient dans la paume de la main. Irrésistible. Nourrie par le collégien, qui l’a ramenée et cachée chez lui, elle va grandir et devenir « Bella » puisqu’elle est belle (et douce et joueuse, etc.). Deux années passent. Le garçon aime sa chienne d’autant plus violemment qu’autour d’eux, tout n’est que mensonge, veulerie, sadisme et grossièreté. La famille, les gosses du quartier, les camarades d’école, les fonctionnaires, les députés, les policiers, même les rares adultes à priori bienveillants : tous à la même enseigne ! Le monde est méchant, vieille histoire… Sauf que, contrairement à ce qui se passe dans Crin-Blanc, il n’y a pas de fin heureuse, l’enfant et la bête ne réussissent pas à s’enfuir. On le comprend d’entrée de jeu. Errahma-lé, répète le gosse : pas de pitié. Car le drame ne se déroule pas en Camargue, dans les années 1950, mais de nos jours, à Tunis. Où Bella vient d’être tuée.
Bel abîme, tragédie en un acte, se présente comme un long flash-back à une voix, celle du collégien que la police a arrêté et jeté en prison, après la mort de Bella, et qui, dans un inextinguible flot de colère, dénonce les pesanteurs de la société tunisienne : la bigoterie et ses préjugés, la famille-étouffoir, la cruauté vis-à-vis des animaux, le machisme érigé en vertu, etc. Le jeune narrateur s’adresse tour à tour à son avocat commis d’office, à un psychologue, etc. On comprend qu’il a tiré – sur son père, un homme sans cœur, frimeur et tyrannique ; sur le maire de la ville, sur le ministre de l’Environnement, sur un flic municipal… Une « bande d’enculés », résume l’adolescent, qui jure ne rien regretter.
Une construction simple à un seul personnage, du punch, un manichéisme de bon aloi : Yamen Manai, dont c’est le quatrième roman, épingle sa Tunisie natale avec une réjouissante amertume.

Catherine Simon

Bel abîme, de Yamen Manai
Elyzad, 112 pages, 14,50

Le Matricule des Anges n°226 , septembre 2021.
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