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Domaine français Le Parfum des cendres

septembre 2021 | Le Matricule des Anges n°226 | par Franck Mannoni

Le Parfum des cendres

L’incipit dynamique du Parfum des cendres plonge le lecteur dans un univers tabou, les soins de thanatopraxie. Se jouant des réactions conditionnées impliquant crainte, angoisse voire rejet, Marie Mangez a l’habileté de mêler à de touchantes descriptions de corps défunts des touches sensuelles. Sylvain, thanatopracteur, déduit en effet des effluves qu’il croit percevoir la vie de ces quidams promis à l’oubli. « De Catherine émanait un délicat parfum floral, à dominante d’iris (…) tout respirait la fragrance poudrée et le raffinement aristocratique de cette noble plante, avec sa texture veloutée et ses subtiles notes de violettes ». Alice, qui rédige une thèse sur ce métier méconnu, assiste aux soins prodigués. Volontiers bougon, Sylvain contraste avec Alice, bulle de vie toujours prête à éclater. La jeune femme est intriguée par son sujet d’étude. Il n’est pas sans lui rappeler Grenouille, le héros du Parfum de Süskind. C’est que hanté par un drame personnel, le praticien est assailli par des odeurs imaginaires qui l’étouffent, résidus impalpables d’un traumatisme ancien. Malade de sa mémoire, l’amoureux en deuil n’a pas réussi à embaumer ses souvenirs. En contrepoint, et bien ancrée dans le présent, Alice s’agite au rythme de musiques entêtantes. Tous deux s’entrechoquent sur les acceptions diverses de « sentir ». Au sens propre pour Sylvain, au figuré pour Alice, « ne pas sentir quelqu’un », « sentir venir ». Marie Mangez montre deux êtres qui évoluent dans deux dimensions différentes, de prime abord. Chacun finit pourtant par trouver une place dans le vocabulaire de l’autre. Fin psychologue, Sylvain ouvre les yeux sur cette compagne envahissante : « Son corps exsudait du désir de communication, sa sueur avait l’odeur des mots, des signes et des sens ». Tout un monde de correspondances baudelairiennes qui ne demandent qu’à s’épanouir.

Franck Mannoni

Le Parfum de cendres de Marie Mangez
Finitude, 237 pages, 18,50

Le Matricule des Anges n°226 , septembre 2021.
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