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Domaine français Petites Cendres ou la capture

novembre 2021 | Le Matricule des Anges n°228 | par Anthony Dufraisse

Petites Cendres ou la capture

C’est le roman à plusieurs voix d’une nuit finissante, à notre époque, au bord de l’océan, peut-être sur une côte de Floride, en face de l’île de Key West où vit son auteure, la Québécoise Marie-Claire Blais. Surtout connue pour sa décalogie Soifs, elle parle de cette polyphonie nocturne ainsi : « C’est peut-être un livre sur la solitude des individus qui n’ont pas d’histoire. » La nuit pendant laquelle ses personnages se croisent, aussi tropicale et étoilée soit-elle, ne protège ni de la peur, ni de la violence, ni de la mélancolie. Un travesti métis (le dénommé Petites Cendres du titre), des policiers, des étudiants, des couples, des ivrognes, des fêtards, un vétéran en chaise roulante, d’autres encore : ils sont nombreux ceux à qui Marie-Claire Blais donne vie et voix. Les protagonistes se heurtent, traversés de sentiments contradictoires, à la force (la farce ?) agissante de la réalité. Dans une écriture qui s’apparente à une impro jazzy au piano avec ses brusques emportements mélodiques, les phrases seulement (ou quasi) ponctuées de virgules, la romancière raconte le présent et/ou le passé de ces « frêles humains qu’une débâcle pouvait à tout instant terrasser ». Dilatation du temps, désorientation des cœurs et des corps. De fait il plane sur les uns et les autres comme une menace diffuse et le lecteur s’attend à tous moments, hypnotisé par cette langue spiralée, à ce qu’un drame se produise. Et des désastres il y en a, suggérés ou manifestes, attendu que les êtres sont « tous de latents possédés ».
Mais il y a aussi des épiphanies et des éclaircies. Ce défilé de personnages forme « une sorte de kermesse à la fois désespérée et pleine d’espoir, avec un mélange de souvenirs cauchemardesques de la destruction du monde et d’idéaux de rédemption », écrit très justement René de Ceccatty qui préface ce volume. Tous autant qu’ils sont, ces êtres capturés le temps d’une nuit écarlate sont des mondes. Mondes à demi-clos qui, souvent, ne demandent qu’à vraiment s’ouvrir pour ne pas ou ne plus souffrir.

A.D.

Petites Cendres ou la capture
Marie-Claire Blais
Seuil, 217 pages, 20 e

Le Matricule des Anges n°228 , novembre 2021.
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